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Le Magazine du Voyageur
  •   5 min. de lecture

Photographe autodidacte de 30 ans, Stéphane est passionné de voyage et ne manque pas une occasion de partir à la rencontre de nouvelles cultures. Armé de son réflexe numérique, il s’est rendu en mai 2009 en Indonésie à la rencontre de porteurs de souffre. De cette aventure au cœur du volcan de Kawah Ijen est né un magnifique reportage photo dont Stéphane nous livre les coulisses.

Comment as-tu entendu parler de ces porteurs de souffre ?

Avant de partir en Indonésie pendant 1 mois, je m’étais documenté sur certains sites internet et guides de voyage. Les volcans ont tout de suite attiré mon attention. Celui-ci en particulier dans la mesure où il était exploité par des travailleurs, telle une mine…à ciel ouvert et dans un cadre unique.

Comment t’es tu rendu sur ce lieu de travail si particulier ?

Nous voyagions à 4 et avions privatisé un minivan pour 3 jours qui nous a amené de Yogykarta à Surabaya (nous permettant ensuite de rejoindre Bali en bateau) pour une somme avoisinant les 60 euros par personne (environ 1000 km de trajet + 2 nuits en hôtel + droit d’accès aux volcans).
Nous nous sommes rendus à Kawah Ijen en fin de matinée, ce qui nous a permis d’éviter la foule et les cars de touristes qui arrivent plus tôt le matin (même si le flux est relativement limité). Le volcan est relativement facile d’accès. Une fois le mini van garé sur un parking, nous avons continué à pied. Quasiment dès le début de la randonnée qui nous a mené au fonds du cratère (le lac couleur émeraude), nous voyions ces porteurs de souffre qui effectuaient ce trajet de près de 3 km sur un chemin très escarpé…Chaussures de randonnée ou baskets conseillées !

Kawah Ijen 2

Cette étape de ton voyage était-elle prévue ou l’as-tu improvisée ?

Cette étape était prévue car le caractère unique et exceptionnel de ce site m’avait vraiment attiré. Du coup nous nous étions préparés et avions emporté des masques (que nous avons par la suite laissé aux porteurs) afin de nous protéger des vapeurs de souffre.

Quel message as-tu voulu faire passer avec cette série de photos ?

L’objectif était de réaliser un photo reportage pour faire transparaître l’ambiance qu’il peut régner dans un lieu si unique… J’ai choisi d’adopter un point de vue très proche de ces travailleurs qui sacrifient leur vie (leur espérance de vie est très faible) pour quelques euros par jour…

Que t’inspirent le langage corporel et les « poses » des travailleurs ?

Dès nos premières rencontres avec ces porteurs, j’ai ressenti une véritable proximité et ce, malgré la barrière de la langue. Au fil de la randonnée, toute notre communication s’effectuait au travers d’autres moyens d’expression (sourires, gestes…), au-delà des mots et du langage. Je dirai donc que ces porteurs étaient ravis de voir des étrangers s’intéresser de si près à leur mode de vie et à leur dur labeur…

Kawah Ijen 3

Et le rapport entre le montant payé aux travailleurs, et le prix des petites sculptures en souffre ?

La cohabitation de deux marchés… Telle la cohabitation entre un taux de change officiel et un taux de change officieux dans certains pays… Une sorte d’économie à deux vitesses…88 kg pour 50 000 roupies Vs. quelques grammes pour 5 000 roupies…avec très peu de valeur ajoutée lors de la transformation ! Néanmoins, la vente de ces petites sculptures se fait essentiellement pour aider les porteurs, car les profits leur sont également destinés… J’ai d’ailleurs rapporté une petite tortue !

As-tu pu communiquer avec les travailleurs ? T’ont-ils dit quelque chose à propos de leurs conditions ?

Évidemment ! Je réponds évidemment car cela ne m’aurait pas du tout effleuré l’esprit de vivre cette expérience d’une autre manière… J’ai très vite appris que malgré des conditions très difficiles, ces porteurs acceptaient de faire ce travail car ils étaient rémunérés environ 5 fois le salaire journalier d’un travailleur moyen…(sur la base de deux chargements par jour). Un métier que l’on ne choisit pas forcément et qui est parfois venu à eux, après leur père, certains sont devenus porteurs à leur tour…
Nous avons également eu des discussions intéressantes avec d’anciens porteurs qui nous expliquaient qu’au-delà de la charge physique qui augmente graduellement (de 30 à 40 kg jusqu’à près de 100 kg alors que les porteurs pèsent rarement plus de 70 kg), les gaz de souffre auxquels ils étaient exposés diminuaient drastiquement l’espérance de vie de ces hommes… J’ai ensuite essayé de porter ces paniers et je n’arrivais pas à les faire décoller du sol ! Deux indonésiens m’ont ensuite aidé à le mettre sur le dos mais je n’ai pas tenu plus de 10 secondes !

Kawah Ijen 9

Cette étape a-t-elle été la plus marquante de ton voyage ?

La réponse est sans hésitation oui ! C’est mon meilleur souvenir de ce voyage en Indonésie car c’est l’expérience la plus fascinante et la plus atypique que j’ai vécu. Néanmoins, d’autres expériences et rencontres inoubliables peuvent être faites en Indonésie comme ce fut par exemple le cas dans des temples en fête sur l’île de Bali, ou aux abords de villages.

Utilises-tu des procédés techniques (retouche, réglages de l’appareil photo ou autres) que tu veux mentionner aux utilisateurs ?

Pas forcément. Je ne fais pas de retouche particulière si ce n’est harmoniser les tons et le vignettage.
Pour info, cette série a été effectuée avec un Nikon D90 et un Objectif 17-55mm 2,8.

Tu expliques avoir pour projet de faire un tour du monde pour immortaliser la vie de « quidams » de 30 ans. Quelle est la symbolique de ce voyage pour toi, qui va également avoir 30 ans prochainement ?

Parcourir de nombreux pays aux 4 coins du monde, pour aller à la rencontre de jeunes de 30 ans. L’idée initiale est en fait assez simple…Comment vit-on à 30 ans dans le monde ? Quelles similitudes, quelles différences ? C’est montrer la richesse et la diversité du monde à travers le quotidien d’une même génération (famille, habitat, job, mode de transport, loisirs…). C’est pour moi réussir à percevoir le recul pris sur 30 ans écoulés, le regard sur la société et le monde actuel, les espoirs et les attentes singulières via des prismes et angles de vue très différents.

Kawah Ijen 6

Est-ce le fait d’avoir photographié en détail le travail de ces indonésiens qui t’a donné envie de t’immiscer dans le quotidien d’autres personnes ?

Photographier la vie des gens et partager des moments forts et des émotions sont des étapes clés dans ma vie de « photographe », et ma vie de jeune adulte. Oui, le peuple indonésien m’a donné envie de continuer dans cette voie, c’est sûr à 100% ! Eux mais également beaucoup d’autres rencontrés au cours de différents voyages.

Retrouvez l’intégralité du reportage sur notre page Facebook et le travail de Stéphane sur son blog.

Photos : Stéphane Domingues

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