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Le Magazine du Voyageur
  •   7 min. de lecture

« Partons en vadrouille », c’est le nom d’un blog de voyage très sympa et informatif tenu par un couple de baroudeuses assez improbable : Astrid et sa fille de 6 ans, Mélissa. Voyager avec un enfant, ça donne un brin de folie au voyage, nous racontent-elles !

Voyager avec un enfant, cela veut-il dire abandonner l’improvisation pour s’en remettre a des formules de voyage plus…confortables ? Toutes les destinations sont-elles faites pour voyager avec un enfant ?

melissa - merVoyager avec un enfant ne s’improvise pas complètement c’est sûr, il faut prévoir certaines choses. Par exemple, éviter les temps de transfert trop longs (j’ai testé 13h d’escale, très mauvaise idée), faire attention aux hôtels dans lesquels on se rend et respecter le rythme de nos enfants. Cependant, il est nécessaire de laisser place à l’improvisation car un enfant ne réagit jamais comme on l’avait prévu. Il faut s’autoriser à changer de programme si l’on sent que celui que l’on avait choisi ne correspond pas du tout aux attentes des plus petits.

Quand on part, je note les lieux que je veux absolument voir, pour le reste, c’est au jour le jour. On peut aussi bien passer une journée farniente au bord de l’océan, que partir en randonnée et marcher toute la journée, tant que c’est fait avec envie, ça marche toujours. J’ai testé les formules toutes faites, j’en avais d’ailleurs parlé sur mon blog, ça n’a pas été concluant du tout pour nous. On s’est sentis un peu comme du bétail, vous savez comme les vaches qu’on pousse à aller au champ, puis à rentrer à la ferme… Je suis plutôt partisane de la débrouille et c’est vrai qu’à part certains pays ou je ne me rendrais pas moi-même en tant qu’adulte, je crois que chaque destination a son charme peu importe notre âge. Le but du voyage justement n’est-il pas de découvrir, d’expérimenter et de sortir de notre quotidien ?

Voyager avec un enfant en bas âge, à quel point cela alourdit-il la facture ? Vous consacrez un post à ces questions…

Ce n’est pas tant l’âge de l’enfant qui alourdit la facture, c’est surtout la façon que l’on a de voyager. Bien sur, lorsque l’on voyage avec un enfant, on est plus attentif à la salubrité des hôtels et à ce qu’il y a dans nos assiettes. Mais pour autant il ne faut pas tomber dans l’extrême sécurité en ne fréquentant que des lieux « familly friendly » et en ayant recours à des agences de voyages, qu’elles soient locales ou internationales. Finalement, si l’on privilégie les petits hôtels familiaux ou les auberges de jeunesse ainsi que les restaurants locaux lorsque l’on veut se faire plaisir, alors il n’y a pas de risques particulier pour les enfants. Il est tout à fait possible de voyager avec des enfants sans que le budget explose, quand je voyage avec Mélissa, je dépense 50% de plus que si je partais seule.

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Sur Koh Samui.

Beaucoup de couples avec un enfant en bas âge attendent que leur enfant grandisse avant de se lancer dans un grand voyage, parfois même un tour du monde. Selon vous, à partir de quel âge un enfant pourra accompagner ses parents dans un voyage qui lui sera bénéfique pour sa construction personnelle ?

Pour moi il n’y a pas d’âge. J’ai commencé à voyager avec Mélissa alors qu’elle n’avait que 4 ans, d’autres encore ont fait le tour du monde avec leur petite fille de 2 ans. A partir du moment où un enfant peut voir et ressentir les choses, alors le voyage lui sera forcément bénéfique. D’ailleurs on dit souvent qu’un enfant se construit pendant ses 3 premières années.

Peu d’enfants de l’âge de Mélissa ont la chance d’avoir autant voyagé. Quels sont les effets visibles de ces voyages sur Mélissa ? Cela créé-t-il un décalage avec les autres enfants de son âge, en termes de développement personnel, de connaissances, d’ouverture, d’adaptabilité… ?

C’est difficile à dire, je n’ai pas beaucoup de recul par rapport à tout ça, c’est ma fille, je la vois au quotidien et je n’ai pas vraiment de point de comparaison. C’est sûr qu’elle n’appréhende pas le monde de la même manière, son univers n’est pas cloisonné à la maison et à l’école, alors forcément ça se ressent dans ses jeux et ses conversations.

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Sur Koh Samui.

« En Thaïlande, j’ai nagé au milieu des poissons »

Mélissa, quel est le voyage que tu as préféré faire ?

Le voyage qu’on a fait avec maman en Asie. J’ai beaucoup aimé Vang-Vieng car je pouvais me baigner tous les jours dans la rivière et que les gens du restaurant où on allait manger étaient très gentils. Et aussi la Thailande car on visitait tout en moto et que j’ai nagé au milieu des poissons. La Pologne aussi c’était bien car il y avait beaucoup de neige et en Ukraine car on me donnait tout le temps des bonbons.

Ta maman aime le soleil, et toi la neige. Comment arrives-tu à la convaincre de partir voyager où tu le souhaites ?

C’est pas facile de la convaincre, elle est très têtue. Mais je lui ai dit que c’était très beau aussi les pays sous la neige, alors elle m’a dit qu’un coup je choisissais où on allait et le coup d’après c’était elle. Mais elle ne veut toujours pas aller en Alaska l’hiver, c’est dommage j’aurais bien aimé parler avec les trappeurs.

Astrid, vous allez partir toutes les deux à vélo l’été prochain en Irlande, Écosse et Angleterre. Pourquoi cette destination et ce mode de transport ?

Là encore, une histoire de compromis. J’aime la liberté que le voyage à pied apporte, mais il est clair qu’elle est bien trop petite pour marcher 2 mois et demi non-stop. Alors, on a décidé d’opter pour le vélo. Pour la destination, on a fonctionné au coup de cœur. Mélissa rêve de découvrir l’Irlande, elle adore les légendes qui entourent ce pays et à beaucoup aimé notre week-end à Londres cet automne. En me renseignant sur internet j’ai vu qu’il existait l’Eurovélo, un tracé de pistes cyclables qui passe
juste à côté de la maison et qui remonte vers ces trois pays, l’occasion était trop belle pour ne pas se lancer à l’aventure.

Trouver « le juste milieu entre la surprotection et le grand freestyle »

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Parmi les nombreux pays ou vous êtes allés, il y a le Laos, qui nous intéresse particulièrement car il se dit que c’est l’une des grandes destinations à venir. Qu’est-ce qui vous a plus au « pays du sourire et de la lenteur », comme vous dites ?

Le Laos a été une énorme surprise pour moi. C’est un pays que je voulais absolument visiter, sans vraiment savoir pourquoi, le nom m’attirait. Je ne m’étais pas du tout renseigné sur ce que l’on pouvait y voir avant de partir. Je voulais vraiment que ce soit une surprise, j’aime découvrir les pays sans aucun à priori, qu’ils soient bons ou mauvais. Le Laos a été une révélation. Il m’a fait comprendre énormément de choses, notamment que le calme et la lenteur sont des vertus. Moi qui suis plutôt d’un naturel à râler et à speeder, ça a été une vraie claque. En plus d’être un pays magnifique, le Laos est un pays accueillant. Il suffit juste de se mettre dans le bain, d’accepter qu’au restaurant tout ne viendra pas rapidement, que les bus partiront TOUJOURS
en retard et que même quand ça va pas et bien ça va, parce que râler n’est pas un mode de communication là-bas. Ensuite, il vous suffira d’un sourire pour entamer la conversation avec les locaux et ça, ça vaut bien tous les retards du monde.

Vous écrivez par contre y avoir croisé « des touristes bien cons ». Quel est l’envers du décor du tourisme ?

Le Laos souffre d’un développement touristique massif et totalement hors de contrôle. Beaucoup de personnes y vont sans se soucier des gens qui y vivent, de leurs coutumes et de leur histoire. Par exemple en Thaïlande, l’entrée des temples est souvent surveillée et si elle ne l’est pas, il y a des panneaux rappelant la bonne conduite à avoir dans ces lieux qui sont sacrés pour les Bouddhistes. Au Laos, je n’ai vu qu’un seul temple surveillé, dans les autres j’y ai croisé des filles en mini-short et débardeur alors que les moines étaient en pleine cérémonie, il faut vraiment que les touristes se sensibilisent avant de partir et arrêtent de penser qu’ils sont les rois du monde.

Pour ma part, si je ne suis pas prête à accepter les us et coutumes d’un pays, je n’y vais pas, mais en aucun cas je ne me permettrais de faire comme chez moi, parce que chez moi ce n’est pas comme ici… Il y a aussi un gros soucis par rapport à tout ce qui est tarifaire. On entend souvent qu’en Asie, tout se négocie, et certains poussent ça à l’extrême, je pense notamment à un homme qui voulait négocier le prix de son plat alors que celui-ci était équivalent à 1€, j’avoue être restée sans voix… C’est un peu le revers de la médaille pour ces pays qui s’ouvrent au tourisme sans en connaître les tenants et les aboutissements et c’est bien dommage… J’espère vraiment que le Laos gardera tout son charme et que les habitants resteront souriants, même avec nous les occidentaux maladroits.

A quoi faut-il faire attention quand on y voyage avec un enfant ?

Je dirais qu’il faut surtout faire preuve de bon sens. Il faut trouver le juste milieu entre la surprotection et le grand freestyle. Pour commencer, il ne sert à rien de dévaliser la pharmacie du coin avant de partir, prenez le strict minimum et au besoin ravitaillez-vous sur place, il y a des pharmacies partout ! Pour le reste, laissez votre enfant vivre son propre voyage, ne soyez pas déçut si la seule chose qu’il retient de son séjour c’est les délicieux jus de fruit frais, ou le chaton tout mignon de la guest-house, soyez sûr qu’il a retenu bien d’autres choses et que ça reviendra plus tard.

Souhaitons de futurs beaux voyages à Astrid et Mélissa ! Des voyages à retrouver sur leur blog Partons en vadrouille.


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2 réponses à “Voyager avec un enfant, même au bout du monde

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