NUS ET CULOTTES

NUS & CULOTTES saison 2 – « Découvrir notre pays avec les yeux du voyageur »

Les deux compères de Nus et Culottés ont fait leur retour sur le petit écran pour le plus grand plaisir des amoureux du voyage. Après nous avoir éclairé sur les nouveautés de la saison 2, Mouts revient sur sa rencontre avec Nans, la naissance de l’émission et nous livre sa vision du tourisme.

  • L’histoire d’une rencontre

« Nous nous sommes rencontrés en école d’ingénieur en 2005 pendant la journée d’intégration. Nous étions côte à côte pour une « course de poubelles ». Chacun devait pousser un gros conteneur avec un camarade dedans…Ça a donné le ton à notre amitié ! 
Pendant nos années d’école, nous nous sommes beaucoup investis dans des projets associatifs autour de la responsabilité environnementale. Nous réfléchissions à bâtir avec un minimum d’impact sur l’environnement et le tissu social. Puis d’une forme d’écologie sédentaire, nous avons rapidement dérivé vers une écologie nomade ou comment voyager mieux avec moins de ressources. Nous avons donc entrepris plusieurs petits périples en s’initiant aux techniques alternatives de voyage comme le stop ou le Couchsurfing. »

  • Partir loin…

« En 2008, nous sommes partis chacun de notre côté pour des voyages plus longs. Nans est allé faire le tour du continent américain. Il a traversé l’océan en bateau stop, a vécu quelques mois dans les Antilles, puis en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et est remonté au Canada. Il a essayé plein de façons de se déplacer avec très peu de ressources. Il a voyagé en stop, à dos d’âne, en « voilier-stop », en cargo, en vélo…et il a conclu ce voyage par l’écriture du livre « La bible du grand voyageur » avec Anick Marie Bouchard et Guillaume Charroin. »

« De mon côté, je suis aussi parti sur le continent américain pendant un an du Brésil au Canada en passant par la terre pour un voyage qui s’appelait EcoAmerica. L’idée était de rencontrer des acteurs du développement durable et de comprendre leurs problématiques. J’ai d’ailleurs tiré un récit de voyage de cette expérience qui sera publié en septembre chez Géorama. Puis suite à ce voyage, j’ai vécu six mois en Suède pour finir mes études puis à nouveau six mois au Québec et au Costa Rica où je faisais du journalisme. »

Nus & Culottés, saison 2 – Teaser by BonnePioche

  • …pour mieux revenir

« En 2010, quand nous nous sommes retrouvés avec Nans, nous avions envie de vivre des aventures ensemble et localement. On trouvait dommage d’avoir besoin d’être à l’autre bout du globe pour se sentir en état de voyage.

Est ce qu’on ne pourrait pas ressentir ce même sentiment à deux pas de chez nous ? Nous étions capables d’aller toucher ceux qui sont loin mais serions-nous capables de découvrir notre pays avec ces mêmes yeux du voyageur ? 

C’est ce qui nous a donné envie de partir en se délestant du maximum. On s’était rendu compte au fil de nos aventures que plus on vidait le sac à dos, plus les aventures prenaient une tonalité rocambolesque ahurissante qui nous remplissait de joie. Pour cela, on s’est donc emparé de l’expression « partir avec sa bite et son couteau » !  »

  • La première expérience nus et culottés

« En juillet 2010, nous avons voyagé pour la première fois sans argent, sans sac et sans vêtement. L’idée était de nous rendre à Paris depuis la Drôme en décapotable rouge, d’y trouver un costume et d’aller en boite de nuit. C’était donc de rallier l’homme sauvage tout nu dans la nature à l’homme moderne qui va en boite avec plein de gadgets sophistiqués. Ce voyage ne devait être qu’une expérience entre amis mais il a été tellement fou, surprenant, riche dans les rencontres et les aventures que nous avons renouvelé l’expérience deux ou trois fois avec d’autres défis un peu fous. En parallèle, nous avions contacté la société de production Bonne Pioche qui a complètement adhéré au concept.

Nous nous sommes retrouvés sur des valeurs assez centrales de sobriété heureuse, de simplicité volontaire et une quête d’humanisme.

C’est comme ça que l’émission Nus et Culottés est née. Nous ne savions pas tenir une caméra mais on y croyait, Bonne Pioche y croyait et France 5 y croyait. »

« En avril 2011, le premier épisode de la série était tourné lors d’un voyage entre la Drôme et la Corse pour aller faire du parapente. Douze épisodes plus tard, le concept est toujours le même. Partir sans argent, sans vêtement, à la rencontre des gens et avec un objectif pour nous mettre en mouvement et susciter un intérêt chez les gens qu’on rencontre. Tout en sachant que depuis le départ, le véritable objectif est la rencontre et non pas la réalisation du défi. »

  • Le développement des façons alternatives de voyager : les vacances en yourte, l’échange de maison, les greeters, le slow movement…

« Nous nous interrogions justement il y a peu sur ce qui sépare le tourisme, des vacances et du voyage. On peut être en voyage sans faire de tourisme, on peut être en vacances sans voyager mais ces trois notions se croisent en permanence. J’ai l’impression que ce qui anime tout ça, c’est une quête du « comment vivre des choses tout aussi belles et enrichissantes en dépensant moins d’argent, en ayant moins d’impact sur l’environnement et sans avoir besoin de traverser la planète« . Il y a une forme de simplicité qui se dégage et l’industrie du tourisme commence à s’en emparer. Cela permet d’ouvrir la porte au voyage initiatique qui peut parfois être très abrupte mais qui, s’il y a un principe d’échange de maison, de visite par des locaux ou de Couchsurfing, est facilité. »

« La notion de rencontre est aussi beaucoup plus forte qu’avant. Il y a encore quelques années, on goûtait à la gastronomie locale, on visitait les musées et on allait prendre les plus belles photos mais on ne cherchait pas à rencontrer l’ancien du village ou le jeune couple qui venait de s’installer. Aujourd’hui on a envie de rencontrer les autres et je trouve que ça va dans le bon sens.

L’autre est un beau miroir pour soi-même.

En découvrant des gens différents, on s’aperçoit que l’on ne vit pas de la même façon et cela nous permet de mieux nous connaitre nous-même. Tout est ensuite plus facile. On arrête de batifoler dans tous les sens et de courir après des chimères. On est en paix avec qui on est et on vit plus simplement. C’est ce que toute forme de tourisme qui évolue dans ce sens là nous permet de retrouver. »

  • L’évolution du tourisme dans les 10, 15 ou 20 prochaines années

Dans 15 ou 20 ans, j’imagine que le tourisme de masse existera toujours et qu’il y aura de nouvelles formes de tourisme alternatif. La palette sera plus grande et chacun pourra j’espère y trouver son bonheur. J’espère aussi que les formes de tourisme qui ont un impact colossal en terme de consommation de ressources – je pense aux grands hôtels dans le désert qui consomment une quantité d’eau incroyable pour alimenter un golf ou des douches avec une formule all inclusive où un touriste consomme en une semaine la nourriture qui pourrait être consommée en deux mois par un local – disparaîtront ou que les clients paieront le prix réel.

  • Un voyage réussi pour Nans et Mouts, c’est quoi ? 

C’est une question que l’on s’est beaucoup posé. En partant avec un rêve, un défi à accomplir, on pourrait se dire que le voyage n’est réussi que lorsque celui-ci est réalisé. En fait, pour certains voyages, lorsque l’on réussissait le défi que l’on s’était fixé, nous étions contents mais sans que ce soit non plus extraordinaire. Par contre, il y a eu d’autres voyages, comme celui où on devait aller faire du parapente en Corse et où on a échoué à cause des conditions météo, pour lesquels il y avait une sensation de réussite bien plus importante grâce à de magnifiques rencontres et aventures. En fait, il n’y pas de règle. Tout dépend du critère sur lequel on se focalise.

  • Un conseil pour nos lecteurs

Paradoxalement, si je devais donner un conseil pour réussir son voyage, ce serait justement de ne pas se fixer d’objectif. En réduisant les attentes, on réduit le risque de frustration. Il faut aussi partir le cœur léger et la tête vide. C’est ce que nous essayons de faire avec Nans avant de partir. Notre plus grosse préparation consiste à nous détacher de tous nos soucis professionnels, familiaux et de tout régler avant de partir. Il faut partir la tête légère et ne pas attendre que ce soit le voyage ou les vacances qui vous la vident. Il faut inverser le processus et régler les soucis à la maison. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire mais je crois que c’est la clé pour réussir son voyage.

Retrouvez Nus & Culottés sur France 5 le jeudi à 20h35 jusqu’au 29 août ! 

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