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« On Plie Bagage » à la rencontre d’expatriés ! 

Tania et Guillaume réalisent des films documentaires à la rencontre d’expatriés français pour découvrir leur quotidien et leurs terres d’adoption. Un nouveau regard porté sur ceux qui ont décidé de suivre leur rêve, où qu’il se trouve…

Leur BTS Audiovisuel en poche, Tania Houlbert et Guillaume Temps se sont lancés dans l’aventure de la réalisation de documentaires où se mêlent le journalisme, le voyage, l’audiovisuel, la rencontre et le jeu, avec une série consacrée aux expatriés et à leurs pays d’accueil. Après un premier épisode tourné en Laponie, un second est en préparation pour cet été en Guyane. Leur vidéo de présentation donne le ton : voyage et découverte avec humour et dans la bonne humeur ! 

 

Qu’est ce qui vous a amené à vous intéresser aux expatriés et à lancer On plie bagage  ? 

Guillaume : à la fin de mes études, je me suis demandé si je n’allais pas prendre une année sabbatique et voyager, avant de rentrer dans la vie active. C’est à cette période là que Tania m’a proposé de l’aider sur « Borealis » [ndlr : le 1er documentaire de la série, cf. plus bas]. Ce projet me convenait parfaitement pour commencer à travailler et pour rencontrer les Français qui ont sauté le pas, voyagé et vécu leurs rêves.

Tania : plus que l’expatriation, c’est l’idée de réapprendre à vivre proche de la Nature et d’avoir le courage de se construire loin de ses racines, d’aller au bout de ses rêves. S’immerger dans ce genre de vie, c’est une bonne dose d’aventure et d’humilité pour nous. Et le fait que nos protagonistes soient Français rend nos échanges plus fluides et accessibles.

Comment trouvez-vous vos sujets, les expats’ ? 

Tanillaume : pour Borealis, souhaitant réaliser un documentaire sur les mushers [ndlr : les personnes qui travaillent avec les chiens de traîneau], nous cherchions déjà des Français passant la saison d’hiver en Suède. C’est une chance d’avoir rencontré Steph’ et Rémy qui étaient installés depuis 2 ans en Laponie. L’idée de réaliser une série sur les expatriés est venue après, quand nous nous sommes rendus compte que le concept pouvait se décliner sur d’autres profils, d’autres pays.

Nous avons donc découvert un site d’expatriés qui créent un blog racontant leurs vies dans leurs pays d’adoption. Une vraie mine d’or pour nous ! Nous cherchons d’abord un protagoniste qui attise notre curiosité avant de nous intéresser à son pays.

Votre premier documentaire « Borealis » a été réalisé en 2012. Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet ? 

Tania : depuis toute petite je suis passionnée par les légendes du Grand Nord, les romans de Jack London. Pour mes 20 ans, ma famille m’a offert un raid de 3 jours en traîneaux à chiens, pour vivre un extrait de « L’Appel de la Forêt ». Suite à ça, je me suis rendue compte de l’intérêt d’observer une meute de chiens, leur éducation, leur rythme… Et j’ai voulu réaliser un documentaire sur le métier de musher ! J’avais envie que ce film rassemble tout ce que j’aime : la Nature, l’Humain au centre de l’histoire, mais aussi la musique et le jeu. Impossible de réaliser ça toute seule… Alors j’ai fait appel à Guillaume, ami et vidéaste, pour m’épauler lors du tournage et de la post-production ! 

Guillaume : pour un projet de cette ampleur, on n’était pas trop de deux, effectivement. Que ce soit pour le démarchage de partenaires ou pour les demandes de bourses. Nous avons été lauréat et coup de cœur du jury de Paris Jeunes Aventures tout de même ! 

Tourner par -20°C… Comment avez-vous tenu le coup ? 

Guillaume : « La Suède, oui ! Mais pas sans mon Damart !  » . On était bien équipés, aussi bien pour le matériel (housse néoprène pour le Reflex, sac étanche…) que pour nous, hahaha ! 

Tania : le plus dur c’était de rester des heures immobiles pour photographier les aurores boréales. En dehors de ça, le froid est plus sec qu’en France, moins pénétrant. Un bon feu dans les bois, ça requinque ! (Requinquer : verbe du premier groupe, désuet depuis 1836).

Quelles sensations retenez-vous de la Laponie ? Des conseils pour les voyageurs qui sont attirés par cette région rude ? 

Tania : le givre dans les cils, les aurores boréales, les feux de camps à la belle étoile, les couchers du soleil à 15h en hiver et jamais en été… C’est une région où l’on revient à l’essentiel, vraiment à part et vraiment mystique. Les lumières y sont magnifiques ! Les gens sont solidaires et s’ils deviennent amis, c’est sincère et fort. Si je peux donner un conseil, c’est de découvrir la région à chaque saison ! 

Guillaume : la première sensation qui me vient, c’est mon premier départ en traîneau, lorsque les chiens sont partis tous ensemble pour me faire découvrir leur région. Ensuite, c’est ma première aurore boréale au côté de Tania, c’était magique ! (l’Aurore boréale, pas Tania…). Si je peux donner un conseil, c’est de découvrir la région à chaque saison ! (bis repetita). C’est à chaque fois différent ! 

OPB - aurore

OPB - chien

Après le cercle polaire, l’équateur ! 

Pour le prochain épisode de votre série de docs, intitulé « Lagwiyan », vous partez (comme le titre l’indique) en Guyane, à la rencontre d’Adrien, un jeune fleuriste Alsacien. Comment l’avez-vous rencontré et pourquoi l’avoir choisi lui parmi les …. 2 millions de Français expatriés ? 

Tanillaume : c’est en cherchant sur ce fameux site d’expatriés que nous sommes tombés (on ne s’est pas fait mal, rassurez-vous ! ) sur le profil d’Adrien. Après avoir vu son blog avec ses photos de tortues, nous avons pris contact avec lui pour en savoir plus sur son quotidien. Le feeling est passé tout de suite, il avait l’air enthousiasmé par le projet et plein d’énergie. On avait déjà passé quelques jours à chercher un nouveau sujet de documentaire et Adrien fut notre coup de cœur ! 

« L’objectif est d’entrer dans l’intimité des expatriés et de retranscrire tout ça, avec la plus simple authenticité », écrivez-vous sur votre blog. Est-ce qu’il vous est arrivé de vous « planter » et de choisir une « mauvaise » personne, avant finalement d’abandonner ? 

Tanillaume : rendez-vous en août, après le tournage, pour le savoir ! Nous n’avons pas encore de production pour qu’On Plie Bagage deviennent véritablement une série de 5 ou 10 épisodes. « Lagwiyan » est l’épisode 2, donc pour l’instant pas encore de mauvaise rencontre.

Cependant, notre idée étant de ne pas rencontrer l’expatrié avant le tournage, on peut en effet avoir une mauvaise surprise. Ça fait partie du jeu, même si on travaille beaucoup sur la préparation pour éviter ça… Mais un discours négatif, ou simplement divergeant, sera toujours un point de vue intéressant, même s’il ne va pas dans notre sens. Ce serait plus une confrontation qu’une rencontre.

OPB - guyane

 « Il faut avoir des rêves assez grands pour pouvoir les voir de loin » , lit-on aussi sur votre blog. Quels sont les prochains rêves que vous souhaitez réaliser ? 

Tania : qu’On Plie Bagage prenne son envol et que d’autres sujets voient le jour, sur le petit écran peut-être ! Un grand rêve que j’ai également, c’est de réaliser un docu-fiction sur Jack London, en parcourant l’ouest des USA et du Canada, pour retracer ses romans. C’est un voyage et une histoire qui me passionnent ! J’espère que ce projet verra le jour, mais je ne me sens pas encore assez mature pour l’écrire.

Guillaume : je ne peux espérer que de la réussite pour On Plie Bagage et j’aimerais aussi parcourir le monde juste pour moi, sans caméra (quoi que…), avec mon argentique et pouvoir profiter de paysages atypiques. Si je dois justifier ces déplacements, ce sera sur le compte du repérage ! 

Votre vidéo de présentation du projet est à la fois très drôle et très pro. Ça a été compliqué de trouver votre « patte » ou est-ce quelque chose qui s’est fait naturellement ? 

Tanillaume : je crois que notre complicité et nos années d’amitié ont facilité cela. On tente de rester naturels, de garder nos personnalités à l’écran pour avoir chacun notre « couleur ». Avec le recul, on a creusé ce concept d’intégrer de l’humour dans les documentaires, afin de bien doser le rythme… Mais ça, ça se passe au montage ! En tournage, l’univers vient naturellement, on colle à ce qu’on aime faire, on ne s’oublie pas, on tourne tout ce qui nous passe par la tête ! 

Nous vous souhaitons bonne réussite et un bon voyage en Guyane ! 

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