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 « Nus & culottés » Saison 3 – Mouts raconte Nans et ses « coups de vie »

A la veille de la diffusion du premier épisode de la troisième saison de « Nus & culottés », retrouvez la deuxième partie d’une interview avec les deux célèbres protagonistes de l’émission de voyage. Nans nous a parlé de Mouts, c’est maintenant le moment d’inverser les rôles.

Pour commencer sur de bonnes bases, soyons sûrs que les lecteurs ne vous confondent pas. Nans, c’est lequel de vous deux  ? Peux-tu nous présenter ton binôme  ? 

Mouts  :  Pour visualiser Nans, c’est mon pote brun (et moi je suis blond). Ce que j’aime beaucoup chez lui, c’est sa grande sensibilité. C’est un amoureux de la justesse et de l’exactitude, tant dans les mots qu’il choisit et les émotions qu’il ressent et exprime, que dans les rencontres. J’ai confiance dans sa capacité à ressentir et à exprimer les choses. Et ça, c’est précieux. Avec Nans, on est capables de se dire quand ça va bien ou pas et de ne pas garder les choses à l’intérieur. Il est d’accord sur le fait que la relation passe avant tout le reste, c’est-à-dire les voyages, les films et tout le côté professionnel. S’il y a un problème, on se pose et on en parle, pendant des heures s’il le faut, pour se comprendre et retrouver le plaisir de voyager.

C’est aussi quelqu’un de très créatif, avec une grande spontanéité. Souvent on a débarqué dans une ville en pleine nuit pour trouver un logement. C’est toujours un moment de cafard pour moi, alors que lui ça l’excite, ça l’enthousiasme. Parfois c’est difficile car j’aimerais me poser un peu, mais lui part directement à la rencontre de quelqu’un. Mais c’est aussi un moteur énorme parce que c’est dans ces moments clés qu’on crée des ponts avec les gens avec qui on va vivre des choses merveilleuses un peu plus tard.

Dans « Objectif Suisse », on est arrivés à Nyon, on s’est posés sur un banc public pour manger et soudain Nans a interpellé une femme qui passait pour lui proposer de partager avec elle le plat qu’on devait déjà partager à deux. C’était génial car elle nous a invité ensuite chez elle, on y est restés 4 ou 5 jours, avant de partir voyager avec sa fille et rencontrer sa famille. Voila ce que Nans apporte avec ses « coups de vie ».

 «   J’ai confiance dans la capacité de Nans à ressentir et à exprimer les choses  » 

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Quelle est la plus grosse qualité de Nans en voyage ? Et bien sûr, quel est son plus gros défaut ? 

Je ne suis pas très à l’aise avec ces notions de qualité et de défaut. Sa plus grande qualité… son audace… et sa liberté ! Des fois, il n’a pas de limites, c’est sa force, mais c’est parfois un sujet difficile entre nous, par exemple quand il s’agit de débarquer tard le soir chez des gens. Je lui dis « on ne peut pas les déranger à cette heure-là », mais lui dit « si si, on peut essayer ». Et souvent ça passe et ça aurait été dommage de ne pas oser.

Y-a-t-il un moment particulier qui te revient en mémoire dans lequel Nans s’est particulièrement révélé ? 

Et bien c’est celui-là, en Suisse. C’était du grand Nans : je le sens, j’y vais ! J’accroche la personne avec douceur et bienveillance et c’est ce qui nous ouvre une porte merveilleuse. Parce que pour resituer le contexte, on venait de passer une nuit de galère en stop et dormi à l’arrache sur un palier en haut d’un immeuble. On avait un simple plat à partager à deux, c’était pas Byzance alors que Dominique nous invite chez elle comme ça, c’était fou. Voilà une image qui me reste, il y a des moments où il me surprend encore.

Quel est le moment que tu as préféré en voyage cette saison ? Et quel est celui qui rend le mieux dans le reportage final ? 

Un moment que j’ai adoré, pas forcément mon préféré pour autant, c’était en Écosse. On a proposé de voyager ensemble à un jeune étudiant chinois qu’on avait rencontré dans le sud de l’Angleterre. Il a changé son planning pour venir faire du stop avec nous et chercher un manoir en Écosse ! C’était une belle marque de confiance. On a poursuivi l’aventure avec lui jusqu’à Édimbourg et là on rencontré un jeune belge qui vit dans la rue depuis l’âge de 8 ans avec un passé très difficile qu’il a bien voulu partager avec nous. On était tous les quatre et on a joué de la guitare dans la rue, en amateurs, en bricolant. Chen, l’étudiant chinois, et Noël, le Belge, se mettent dans le truc et on essaie de grappiller un pound, deux pounds…, quand un gars arrive et nous propose de remplacer un groupe dans un festival. On a joué devant 100 personnes et chanté quelques chansons, raconté notre histoire… Une personne du public est même venu chanter, c’était incroyable. Ça montre que quand on y croit, des choses auxquelles on s’attend le moins peuvent se passer. Ça a été filmé et c’est super bien retranscrit. Je ne raconte pas la suite ! 

N’est-il pas difficile ou frustrant de laisser de coté des parties du voyage au moment du montage ? 

Le film, c’est une sélection de moments vécus en voyage et on est parfois frustrés de ne pas pouvoir tout mettre dans nos films. Par exemple, en Suisse, lorsque l’on a quitté Dominique et son mari Alain, c’était très fort émotionnellement. Cela me renvoyait à la finitude des choses et au fait que la vie passe comme un claquement de doigts. Mais aussi à la responsabilité que l’on a vis-à-vis des gens qu’on aime, le temps que l’on passe avec eux. On sentait de l’amour avec ces gens-là et de voir que nos chemins se séparent et que chacun continue sa route (nous au sens propre et eux au figuré), ça m’a mis face à ma famille et face aux gens que j’aime. Ça nous a amené à vivre un moment fort dans la voiture qui a remué beaucoup d’émotions très personnelles. Or on ne fait pas ces films documentaires pour partager l’amour que l’on a pour nos proches. Une part des émotions sont liées directement à la rencontre, mais pour une autre part, c’est un miroir de nos vies, et l’équilibre est difficile à trouver et parfois frustrant. On a aussi par exemple dû couper une nuit où on avait été hébergé dans un petit village proche duquel j’ai grandi en Haute-Marne. Mais si on met tout dans les films, ça devient du zapping. Choisir, c’est frustrant, mais c’est aussi ce qui permet de partager peu de choses, mais de bien les partager.

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Vous êtes plus nature que ville. Est-il envisageable de faire un épisode en espace urbain ? 

On a envisagé de faire un départ en ville, pour cette saison 3. On voulait partir de Paris pour partir en Écosse à 3h du matin en trouvant de quoi se vêtir dans les poubelles. Et puis finalement on ne l’a pas fait parce qu’on a envie de garder l’aspect symbolique du départ dans un milieu naturel et épuré, comme une naissance. C’est aussi une façon de prendre soin des gens car on veut s’habiller avant de rencontrer des gens. Aussi pour nous car on n’a pas envie de se mettre en danger. Partir à poil c’est déjà un choc en soi, alors dans un environnement hostile comme peut l’être une grande ville, ce serait un autre challenge.

La nature invite à un rythme plus lent, c’est précieux pour notre départ. J’habite dans un petit village, dans une yourte paumée au milieu d’un pré. C’est important pour nous de retrouver cette paix intérieure en lien avec la nature. En vivant en ville, je me coupe de choses essentielles comme l’alternance des saisons : la floraison des arbres, les dernières gelées, les premiers fruits… J’ai un ancrage, une maison, je peux visualiser la nourriture qui est à ma disposition.

Pour conclure, peux-tu nous parler de tes projets parallèles ? 

Je fais pas mal de musique. Je me suis inscrit dans une école de musique à Toulouse parce que j’ai envie d’inclure plus de qualité musicale dans mon voyage et dans ma vie de manière générale. Je me suis mis au piano et je continue la guitare. C’est un vecteur de lien avec les autres et une façon de trouver la liberté en m’affranchissant du déplacement géographique. Ces voyages nourrissent ma liberté, mais j’aspire aussi à me sédentariser et à être tout aussi heureux au quotidien. La musique est un univers d’évasion. En restant chez soi on peut avoir l’impression de partir au bout du monde. Je fais aussi de la photo, je prépare un bouquin sur la Haute-Marne et j’ai même fait ma première expo « Osons la pause » qui tourne en Haute-Marne en ce moment. Aujourd’hui j’aspire à trouver plaisir et satisfaction avec moins de ressources kilométriques et culturelles.

Retrouvez le premier épisode de la saison 3 de Nus & Culottés jeudi 4 juin à 20h40 sur France 5

2 réactions

  • mdn Répondre

    webmaster ; cherche pas des commentaires si tu les éffaces !  !  !  !  ! 

  • naruto shop Répondre

    Juste énorme comme concept, le coté humain ressort à chaque fois, c’est magique de voir que avec le simple échange on peut arriver a ces buts ! génial ! J’adore ce que vous faites : )