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Le Magazine du Voyageur
  •   12 min. de lecture

Ludovic Hubler est ce que l’on appelle un voyageur aguerri. Son « doctorat de la route », c’est 5 années en stop sur les routes pour apprendre et découvrir « les misères et les richesses du monde ». Une expérience qu’il traduit aujourd’hui avec le site Travel with a mission, qui réunit voyageurs du monde et professeurs, hôpitaux ou centres communautaires souhaitant des interventions de globe-trotters auprès de leur public.

Le twaming expliqué aux hérétiques

Comment ce concept est-il né dans ton esprit ?

Ludovic Hubler : Travel With A Mission (TWAM) est né d’un constat réalisé pendant un tour du monde en stop que j’ai fait pendant 5 ans entre 2003 et 2008. Lors de celui-ci, j’ai donné plus de 350 conférences dans toutes sortes d’institutions (écoles, universités, alliances françaises, centres de jeunes, etc.) pour partager mon parcours, insister sur l’importance d’avoir des rêves et de les réaliser mais aussi pour faire passer des messages, concernant notamment la protection environnementale. Ces interventions furent très positives mais il n’était jamais évident de les organiser. Pour ce faire, j’utilisais différents réseaux (Rotary, lycées français, alliances françaises, couchsurfing, etc.) et allais toquer aux portes des écoles ou autre en leur proposant de partager mon parcours. Certains étaient ravis et mettaient parfois 1000 jeunes devant moi. Parfois, on me disait que j’aurais dû les contacter avant, qu’ils ne peuvent organiser quoi que ce soit sans préparation, etc.

Parallèlement à cela, j’ai rencontré de nombreux jeunes et moins jeunes me faisant part de leur volonté de se rendre utile d’une façon ou d’une autre. Beaucoup me demandaient aussi de donner les contacts des écoles et autres institutions dans lesquelles je m’étais rendu. A l’issue de mes conférences, les professeurs et autres organisateurs de conférences me disaient aussi être heureux de mon intervention et me demandaient de faire venir mes amis ou autres personnes souhaitant partager. Il y avait donc une offre de partage de connaissances, compétences ou expériences (que l’on appelle les Twamers), une demande de recevoir des Twamers (que l’on appelle les Twamhosts), une difficulté de mise en relation entre les 2 et bien sûr un besoin de dialogue interculturel, de sensibilisation sur de nombreuses thématiques, etc. Tout cela m’a conduit à la création de TWAM. Notre objectif est de développer un nouveau type de tourisme, le Twaming, visant à favoriser le voyage-partage.

Combien compte-t-on de Twamers à ce jour ?

La plateforme TWAM compte à ce jour environ 2000 utilisateurs, Twamers et Twamhosts confondus, dans plus de 80 pays.

Ludovic Hubler
Ludovic Hubler, fondateur du concept du twaming.

Peux-tu nous donner un exemple de twamer accompli ?

Nous avons de nombreux types de Twamers. A titre d’exemple, nous avons par exemple Mohammad Tajeran qui fait un tour du monde à vélo sur le thème « We need trees ». Il sensibilise à l’importance des arbres à travers le monde. D’autres sensibilisent aux effets du réchauffement climatique, au recyclage, etc. Dans un autre domaine, par exemple, Benjamin Amalric enseigne les premiers secours dans les écoles du monde pendant son tour du monde. D’autres jouent de la guitare dans les hôpitaux du monde, etc. Il y a toutes sortes de profils. Côté Twamhost, il peut s’agir de professeurs d’écoles, de directeurs de centres de jeunes, etc. L’important est de recevoir le Twamer.

Quels sont les objectifs à moyen et long terme de TWAM ?

L’objet de l’organisation internationale TWAM est de favoriser le dialogue interculturel et la transmission de connaissances, compétences ou expériences. La plateforme de mise en relation directe et gratuite entre Twamers et Twamhosts est le cœur de ce que nous faisons. A ce niveau, notre objectif est bien sûr d’augmenter le nombre d’utilisateurs mais surtout le nombre d’expériences TWAM (rencontres Twamers-Twamhosts). A ce jour, le nombre d’expériences TWAM se compte par centaines. Dans quelques années, notre objectif est qu’il se compte par centaines de milliers. Nous aurons alors un impact sociétal important. Au-delà de la plateforme, TWAM est également en train de mettre en place d’autres axes qui vont permettre d’aider au développement de son modèle économique permettant de garder la plateforme gratuite pour tous. Une version 2 du site est attendue pour le début de l’année. Les nouveaux axes seront présentés à ce moment.

Un tour du monde en stop en 5 années !

Un voyage au cours duquel tu as fait du stop sous toutes ses formes (auto, bateau…), à travers 59 pays, sur 170.000 km, et grâce à 1.300 conducteurs. Qu’est ce qui t’a poussé à partir faire ce voyage ?

Ce tour du monde, c’était avant tout la réalisation d’un rêve d’enfant. A l’âge de 8 ans, je passais déjà beaucoup de temps à regarder les atlas du monde à me dire qu’un jour, je ferai le tour du monde. Le stop est entré plus tard dans ma vie, vers 16 ans, lorsque ma mère, très protectrice, voulait toujours m’emmener à droite à gauche et mon père, souhaitant voir son fils débrouillard et indépendant, m’ordonnait de faire du stop. Je n’aimais pas au début puis j’ai appris à aimer. J’ai ensuite fait le tour de la région Alsace, puis la France, puis l’Europe, il ne manquait que le monde… Le stop est une excellente école de vie, de patience, de persévérance, d’attitude positive, etc. J’ai énormément appris par ce biais, le stop a vraiment façonné mon caractère et ma personnalité.

Si tu devais ne revivre qu’une journée de ce voyage, laquelle ce serait ? Et si tu devais en effacer une…

Difficile de retenir une journée tant il y en a eu d’extraordinaires. Une rencontre particulière bien sûr était celle avec le Dalaï-lama qui m’a reçu chez lui pendant une dizaine de minutes. Un moment fort en émotions. Pour moi, cet homme est l’équivalent de la colombe dans le monde des bipèdes. Il est plus que le leader des Tibétains ou des Bouddhistes, il est une icône du dialogue interculturel, interreligieux, de la non-violence, de la sagesse, etc. Un homme Saint !

Au-delà de cette rencontre, j’aime particulièrement la diversité des gens rencontrés via le stop. On peut passer 3h avec un ministre et 5 minutes plus tard, 3 heures avec le mécano du coin. Chacune de ces rencontres m’a laissé quelque chose : une vibration, une sensation, une information. J’ai aussi particulièrement aimé rencontrer les gérants d’ONG, des gens souvent magnifiques cherchant à changer la destinée des plus démunis sans chercher quelconque reconnaissance. De vraies inspirations. Donc difficile de sortir une journée de voyage car à ces rencontres, il faut ajouter les moments passés avec la nature qui est souvent grandiose, les visites de monuments, etc. Je n’oublierai jamais par exemple mon séjour en Antarctique rejoint en Brise-glace-stop, ni mes traversées des océans Atlantique et Pacifique en voilier-stop. Et que dire de mes traversées de déserts, type Sahara, Gobi, etc., de mes séjours en Afghanistan, Tibet, Corée du Nord, etc. Tant de formidables souvenirs dans ma tête.

ludo hubler - sierre nevada
Dans la Sierra Nevada enneigée.

Encore aujourd’hui, quand j’ai besoin d’un peu d’évasion, quand je suis par exemple dans le RER parisien, je ferme les yeux et je pense par exemple aux magnifiques chutes d’Iguaçu au Brésil. Elles ne cesseront jamais de me rafraîchir… Dernière chose, et non des moindres, j’ai eu la chance de rencontrer la femme de ma vie via ce voyage : Marisol, Panaméenne. Nous sommes aujourd’hui mariés et avons une petite fille. C’est bien sûr la plus belle rencontre…

Je n’ai aucune journée à effacer. Bien sûr, j’ai eu à faire à des voleurs, à des gens suspects, à des gens qui m’ont mal traité, qui m’ont craché dessus au bord des routes, qui m’ont insulté, j’ai rencontré de véritables ordures tenant des propos à faire vomir mais cela fait malheureusement partie de notre monde. Je préfère concentrer mon énergie sur les gens bien, ils constituent la grande majorité de la population mondiale. J’aime dire que la plus grande satisfaction de mon tour du monde est d’avoir vu avec mes propres yeux que la grande majorité de la population mondiale sont des gens honnêtes et sympas. Retenez bien cela, ce n’est pas Claire Chazal qui vous le dira…

En quoi ta conception du voyage est-elle très différente ? Tu l’appelles d’ailleurs un « tour des hommes ».

Un tour du monde change un homme et ce tour du monde m’a beaucoup changé à de nombreux niveaux. Avant mon tour, mon père m’avait dit « Évite de partir plus de 6 mois, tu risquerais d’être déconnecté de la réalité ». Aujourd’hui, je ne me sens pas « déconnecté » de la réalité mais au contraire, mieux connecté. Au monde qui m’entoure, à mes frères les hommes, aux défis de la planète, à moi-même aussi. Plus on rencontre de gens, plus on apprend sur soi-même. J’ai fait un véritable voyage intérieur aussi. Je pense que j’ai appris en humilité, en ouverture d’esprit, j’ai appris à mieux aimer, à être plus gentil avec autrui en partant du principe qu’une personne inconnue n’est qu’un ami que je n’ai pas encore rencontré. Un tour du monde enseigne aussi à relativiser les choses, à prendre conscience du fait que nous sommes privilégiés d’avoir eu accès à une éducation, à une bonne santé ou encore à une bonne alimentation. Je profite de ce plaisir chaque jour à présent…

Après le voyage aussi, le partage

Tu as arpenté le monde pendant 5 ans. Une expérience que tu racontes dans un livre « Le monde en stop».

le monde en stopEn effet, j’ai cherché à raconter les principales expériences et les principaux apprentissages de cette aventure dans un livre qui a reçu le prix Pierre Loti 2010. J’ai cherché à amener dans mon sac à dos le lecteur pour qu’il puisse découvrir et boucler la grande boucle à mes côtés… Il ne fut pas aisé de résumer 5 ans en un livre mais j’ai finalement réussi à tout compiler.

Pourquoi ne pas t’être contenté d’un tour du monde sur un an, voire six mois, comme cela se fait de plus en plus ?

Au départ, j’étais parti pour 1 à 2 ans puis me suis rendu compte que j’avais beaucoup à apprendre et beaucoup à apporter. En prenant la décision de me lancer dans une tournée de conférences d’un an en Amérique du Nord, j’ai pris la décision en même temps que mon tour serait plus long. Quand on voyage, la notion de temps change complètement. On prend du recul sur notre société vivant à cent à l’heure. Beaucoup me disent que 5 ans c’est long. Si je vis 100 ans, 5 ans ne représenterait que 5 % de ma vie. Dois-je considérer long passer 5% de ma vie à essayer de mieux connaître et comprendre le monde qui m’entoure ? Je ne crois pas, mais ce n’est qu’un point de vue personnel.

Que penses-tu de cette tendance qui consiste à cocher le plus de pays possibles en un minimum de temps pour ajouter une belle ligne sur un CV à la sortie de ses études ?

C’est très bien qu’il y ait de plus en plus de tourdumondistes. J’espère simplement que ces tourdumondistes deviendront aussi Twamers. Chacun trouve dans le voyage ce qu’il y cherche. Je n’ai pas à juger ceux qui font partie de cette tendance, mais je ne m’y reconnais pas. Le voyage pour moi, c’est la rencontre avec l’autre, c’est prendre le temps de connaître, comprendre, échanger, grandir, apprendre, se développer mais aussi partager, transmettre. L’important n’est pas combien de pays une personne a visité, ni combien de kilomètres elle a parcouru mais ce que cette personne en a ressorti et, plus important, ce qu’elle a laissé localement. Tout voyageur, et plus largement tout être humain, doit se poser la question de son impact et ceci à tous les niveaux : environnemental (notamment si la personne a voyagé en avion), social (qu’est-ce que mon passage a laissé sur les populations locales ? Comment seront reçues les prochains voyageurs après mon passage ?), etc. Pour ce qui est du CV, il sera mieux perçu si le voyage a été utile. J’encourage tout le monde à voyager avec un thème, un fil rouge. Cela donne un sens, un but… Vous vous sentirez utile et cela contribue au bonheur du voyageur qui se sentira en accord avec lui-même.

Tu as abondamment partagé ton voyage sur internet mais aussi – et c’est beaucoup plus inattendu – à travers des dizaines de conférences dans des associations, des écoles, dans des entreprises. Pourquoi cela t’as semblé important de le faire ? Quelle expérience en retires-tu ?

J’ai en effet donné plus de 350 conférences pendant mon tour. Je partageais les apprentissages de mon parcours mais cherchais aussi à faire passer différents messages que j’adaptais selon l’auditoire car on ne parle pas de la même façon à des enfants de 5 ans et à des Rotariens de 70 ans, comme on ne parle pas de la même façon ni des mêmes choses aux États-Unis et en Afghanistan.

Dans le pays de l’Oncle Sam, la sensibilisation aux problématiques environnementales me semblait très important. Au Pakistan ou en Afghanistan, je cherchais surtout le dialogue interculturel, apprendre à mieux se connaître les uns les autres. Une fois par exemple, en Indonésie, j’étais face à une centaine d’étudiantes voilées quand l’une d’entre elles me demande pourquoi en France il est interdit de porter le foulard islamique. On me demande ensuite d’expliquer le concept, inconnu pour grand nombre, de laïcité. Ces dialogues sont intéressants et importants pour l’humanité. J’ai cherché à en avoir un maximum. Mon tour du monde était une mine d’or pour approcher tous ces jeunes et moins jeunes. Je suis ravi d’avoir fait ces conférences et je continue encore aujourd’hui à en faire même si elles sont plus en France. Je crois que celles-ci furent très positives pour tout le monde, j’en ai autant retiré que les gens qui m’écoutaient.

Une de tes conférences, destinée aux chefs d’entreprise et aux cadres supérieurs, s’intitule « Un exemple de motivation et de leadership ». Quel lien fais-tu entre le voyage et le domaine de l’entreprise ?

J’ai en effet été amené à plusieurs reprises à intervenir dans des entreprises. On m’a demandé parfois de motiver des salariés en utilisant mon aventure comme outil. Cette conférence touche certes au voyage mais surtout à la mise en place d’objectifs et à l’importance de se donner les moyens de mettre en œuvre des actions pour les réaliser. Les parallèles sont nombreux entre mon aventure le quotidien d’employés devant se surpasser pour atteindre des objectifs toujours plus difficiles. Les notions de patience, de persévérance, d’attitude positive, etc. sont également ici très présentes. Pour ce qui est du voyage, le lien est surtout dans la compréhension de l’autre qui est indispensable pour bien se comporter. Un vendeur doit beaucoup écouter l’acheteur pour comprendre ses besoins et lui proposer des solutions. Le voyageur doit beaucoup écouter pour comprendre les façons de vivre des autres communautés pour mieux les respecter. Après, en poussant plus loin, on peut faire de nombreux parallèles entre la voile par exemple et l’entreprise (par exemple comprendre l’environnement et s’y adapter, ne pas laisser traîner les petits problèmes qui peuvent devenir gros, etc.), entre la pratique du stop et l’entreprise, etc.

Dans des conférences adaptées aux enfants, tu abordes la question des défis qui attendent la planète et l’humanité. Sur le terrain, quelles expériences concrètes ont alimenté ta réflexion autour de ces thèmes majeurs ?

Vaste sujet. Il faudrait lire mon livre pour avoir une réponse détaillée. Il est évident que ma conscience écologique s’est raffermie en voyant avec mes propres yeux les déforestations (Honduras, Indonésie, etc.), le blanchissement du corail (Belize), la fonte des glaciers (Antarctique), des fleuves dégoûtants (Inde, Indonésie), des énormes montagnes de déchets au bord des routes, etc. J’ai aussi mieux compris à quel point les conflits venaient souvent de l’ignorance et de l’avidité. Difficile de rentrer en détail dans toutes ces problématiques car l’interview deviendrait très longue… J’aime appeler ce tour du monde mon « doctorat de la route » où mes professeurs n’étaient pas dans une salle de classe mais au volant de leurs voitures, camions, bateaux, etc. et tous avaient quelque chose à m’apprendre. Mon école de commerce m’a enseigné beaucoup de choses mais ne m’a rien appris des misères et des richesses du monde. A travers ce tour du monde, j’ai pu vivre dans des bidonvilles, voir la violence, la corruption, la faim, etc. Tant d’expériences qui m’ont amené à de profondes réflexions sur l’avenir de l’humanité et de la planète…

Enfin, une dernière question : quel voyage pourrait encore te surprendre ? Qu’attends-tu de tes prochains voyages ? Et d’ailleurs, où cela sera-t-il ?

Malgré mes 5 ans de vadrouille, je ne suis absolument pas blasé. J’ai conservé ma capacité à m’émerveiller et à me révolter. Il est certain qu’après avoir vu les chutes d’eau d’Iguaçu, il m’est difficile de m’enthousiasmer devant une petite chute d’eau. Cela peut surprendre, mais il y a plus d’endroits que je souhaite découvrir aujourd’hui qu’avant mon départ…car je suis moins ignorant. Vous m’auriez dit par exemple « Panama » avant mon départ, je n’aurais pas pu voir dire grand-chose sur ce pays mis à part son canal. Maintenant que j’y vais régulièrement, je suis sans cesse surpris par de nombreuses choses que je découvre. Je m’intéresse davantage à des micro-détails. Mon tour du monde m’a permis d’avoir une culture horizontale, c’est-à-dire d’apprendre quelques petites choses sur de nombreux thèmes. Je peux à présent aller plus en détail sur les thèmes qui m’intéressent… Et puis je ne suis pas allé partout. La terre regorge d’endroits exceptionnels, une vie ne sera pas suffisante pour tous les découvrir…

J’attends de mes prochains voyages qu’ils m’enseignent toujours et encore de nouvelles choses. J’attends aussi bien sûr de pouvoir apporter quelque chose, via des conférences ou actions diverses, via TWAM notamment. Quand j’aurai 90 ans, je veux pouvoir me retourner sur ma vie et me dire que j’ai été au bout de mes rêves et que j’ai laissé le monde un peu meilleur que lorsque je suis arrivé… Mon but premier est d’être en accord avec moi-même, je le suis pour le moment…

Mon prochain voyage ? Le Panama, j’y passe 6 semaines par an, j’y retourne en janvier. A part cela, de nombreuses destinations m’attirent : le Groenland, Cuba, la Tasmanie, la Géorgie du Sud, la Papouasie Nouvelle Guinée, etc. Avec mon épouse, nous avons trouvé un système, un coup c’est elle qui choisit la destination, un coup c’est moi, ça marche bien pour l’instant…

Merci !


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