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À chaque instant, on dénombre environ 700 000 passagers dans les airs et pas moins de 150 000 d’entre eux ne se sentent pas tout à fait rassurés. Vous faites partie de ceux qui refusent de monter dans un avion, quitte à vous priver de nombreuses destinations ? Vous avez prévu de réserver un billet mais commencez déjà à angoisser ? Vous avez le courage d’embarquer mais paniquez au moindre mouvement qui vous paraît suspect ? On a testé pour vous le stage “Prêt à décoller” pour apprendre à gérer sa peur en avion, organisé par le CTPA (Centre de Traitement de la Peur en Avion) chez Flight Sensations Paris.

Une journée complète, découpée en 3 phases, pour mieux comprendre les principes de base de l’aérien et les mécanismes psychologiques liés aux phobies. Retrouvez le déroulement du stage dans cet article ainsi qu’un top 10 des faits qui nous ont marqués et qui devraient vous rassurer !

À qui ce stage est-il recommandé ?

Le stage de gestion de la peur en avion est recommandé aux passagers dont les peurs sont directement liées à l’avion : crashs, pannes, turbulences, erreurs humaines, actes terroristes, etc. Si votre peur repose sur une phobie plus globale qui se manifeste effectivement dans l’avion mais aussi en dehors, comme la claustrophobie ou l’émétophobie, un travail plus spécifique avec un psychologue donnera de meilleurs résultats ; le CTPA vous orientera vers la prise en charge la plus adaptée lors de votre inscription. Sachez également qu’il faut avoir prévu un voyage, correspondant à un vol aller-retour, dans les 3 mois suivant le stage afin d’obtenir des résultats définitifs via la mise en pratique des connaissances et des techniques acquises à cette occasion. Dans l’idéal, il faudra prévoir au moins 3 voyages dans l’année suivant le stage, sans contrainte de durée de vol.

Une étude clinique menée par l’Université Paris Descartes sur 157 participants montre que le stage permet de réduire significativement l’anxiété en vol ; alors qu’en moyenne, les participants estimaient leur niveau d’anxiété à 9,2/10 au début du stage, cette anxiété redescend à 3,7/10 dès le premier vol. Vous aviez des doutes ? N’hésitez plus !

Accueil stage peur en avion cf Julie Galaup

Les différentes phases de la formation

Phase 1 : Formation à la sécurité aérienne

Le stage, conçu par Xavier Tytelman, spécialiste de la sécurité aérienne, et animé par un pilote professionnel, démarre par une session d’environ 3h sur les bases de l’aérien : statistiques accidentelles, caractéristiques techniques de l’avion, décollage, atterrissage, météorologie, turbulences, maintenance, etc. Cette première phase relève en partie des échanges entre les participants et le pilote et permet à chacun d’exprimer ses craintes et d’y trouver des réponses concrètes. L’occasion de mieux comprendre le fonctionnement d’un avion, les principes physiques lui permettant de voler, le niveau de dangerosité d’une panne, les phénomènes de turbulences… mais surtout d’être mieux informés sur les protocoles de sécurité. Vous pensez être déjà bien renseignés ? Croyez-nous, vous n’êtes pas au bout de vos surprises ! Embarquez pour 3h de découvertes enrichissantes qui vous donneront à tous les coups une vision nettement plus rassurante du monde de l’aérien.

Phase 2 : Apprendre à gérer sa peur en avion

La seconde partie du stage, assurée par un psychologue professionnel, a pour but de mieux comprendre les mécanismes psychologiques liés aux phobies. Alors qu’une phobie est censée s’atténuer à mesure que l’on y est exposés, saviez-vous que la peur de l’avion est la seule phobie qui se renforce à mesure que l’on prend l’avion ? En effet, alors que l’on peut traiter la plupart des phobies par étapes en s’y exposant progressivement, il n’existe pas de sas progressifs avec l’avion, soit on embarque, soit on n’embarque pas. Cette session a ainsi pour but d’apprendre à se préparer psychologiquement en amont du vol et présente plusieurs techniques permettant d’apaiser les symptômes d’anxiété tels que la respiration, les colonnes de Beck ou encore l’écriture. L’objectif principal étant d’aider votre cerveau à rester rationnel grâce à des techniques cognitives, mais aussi de calmer la partie du cerveau liée aux émotions.

Phase 3 : Séance de simulateur de vol

Accompagné d’un pilote de ligne instructeur, le stage se termine par une séance de simulateur de vol au cours de laquelle vous prenez les commandes d’un avion de ligne et pouvez choisir de voler dans des conditions plus ou moins idéales : grand soleil, orage, brouillard, turbulences, panne moteur, pilotage automatique, etc. Une mise en situation réaliste qui permet de compléter les deux précédentes phases du stage en se confrontant immédiatement à ses craintes et en mettant en application les connaissances acquises dans la journée. Probablement la partie la plus fascinante du stage en termes de sensations !

Simulateur de vol stage peur en avion cf Julie Galaup

10 faits qui devraient vous rassurer

1. Le pilotage automatique, c’est pas automatique

Avec le pilotage automatique, un avion est désormais capable de décoller, de voler et d’atterrir seul… mais pas question pour autant de se la couler douce, les pilotes doivent être prêts à reprendre le contrôle de l’appareil à tout moment ! À ce jour, la norme reste tout de même d’assurer manuellement le décollage et l’atterrissage de l’appareil.

2. Tout est prévu pour éviter de piquer du nez

Les deux moteurs de l’avion sont chacun issus d’une série de fabrication différente afin qu’un potentiel défaut de fabrication sur l’un ne se répercute pas nécessairement sur l’autre. Les deux moteurs ne peuvent donc pas tomber en panne en même temps pour la même raison. Alors on oublie les films à la James Bond ! Dans tous les cas, l’avion est capable de planer suffisamment longtemps pour pouvoir se poser sans aucun moteur.

3. Dans le cockpit, c’est double vérif

Dans le cockpit, la plupart des boutons et des écrans sont en doublon de sorte que le pilote et le copilote puissent vérifier qu’ils disposent des mêmes informations chacun de leur côté. En cas de panne d’un des boutons ou d’un des écrans, les doublons permettent par ailleurs d’assurer leurs fonctions respectives.

4. Les turbulences génèrent plus de peur que de mal

Un avion est conçu pour supporter des turbulences représentant 155% de la puissance des plus fortes turbulences qui puissent exister ! Inutile donc de paniquer, vous risquez peut-être quelques accrocs en cabine mais l’avion, lui, n’est pas prêt de se briser.

5. Les Jet Streams sont vos amis

Pour aller plus vite, les pilotes empruntent des courants d’air rapides, appelés Jet Streams, qui font qu’un même vol peut être plus court dans un sens que dans l’autre. Parfois, ce sont ces Jet Streams qui sont à l’origine des turbulences… mais puisqu’on a vu qu’elles n’étaient pas dangereuses, c’est l’occasion d’écourter un trajet et donc de payer moins cher son billet !

6. Atterrissage garanti, même en plein milieu de l’Atlantique

Les routes aériennes sont balisées de telle sorte qu’un avion en vol se trouve toujours à portée de planer d’un aéroport, qu’il s’agisse d’un aéroport civil, privé ou d’une base militaire. Et oui, même en plein milieu de l’Atlantique, il existe des îles sur lesquelles se poser en cas de problème.

7. Prudence est mère de sûreté

Dans l’aviation, la réglementation est particulièrement stricte et tout est pensé pour maximiser la sécurité des appareils et des passagers. Elle impose par exemple de ne pas atterrir en cas de vent latéral supérieur à un certain seuil ; bien qu’un pilote expérimenté se sente capable d’atterrir au-delà de ce seuil, il doit dérouter son avion sur un autre aéroport. La réglementation prévaut toujours sur le ressenti des pilotes.

8. Deux inconnus au bout du monde (pas) si différents

Deux pilotes ne volent que rarement ensemble et la plupart du temps ne se connaissent pas. En effet, l’absence de confiance entre les deux favorise l’application stricte des protocoles et permet par ailleurs de pouvoir détecter plus facilement un comportement étrange chez son collègue du jour.

9. Bavardages interdits

En dessous de 10 000 pieds, soit l’équivalent de 3 000 mètres, les pilotes ont l’interdiction de discuter d’autre chose que du vol. Pas question donc de se raconter les folies du week-end, il faut rester concentrés !

10. Un cockpit pas si inaccessible

Quand l’un des deux pilotes doit quitter son poste quelques instants, un membre du personnel de bord entre dans le cockpit et reste devant la porte afin de vérifier que tout se passe bien avec le pilote restait aux commandes ; personne ne peut donc s’enfermer seul dans le cockpit. Cette règle, en vigueur dans de nombreuses compagnies depuis déjà longtemps, a été renforcée depuis le suicide du pilote de la Germanwings dans les Alpes françaises.

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Infos pratiques

  • Le Centre de Traitement de la Peur en Avion est un cabinet de psychologie spécialisé dans la peur de l’avion fondé en 2007 par le Dr Negovanska. Le CTPA a conçu le stage “Prêt à décoller” et s’est associé à des professionnels de l’aéronautique pour permettre l’accès à des simulateurs de vol ainsi qu’à des avions au sol : www.peuravion.fr
  • Flight Sensations Paris met à votre disposition un simulateur d’avion de ligne en mouvement dont le cockpit est la réplique exacte d’un Boeing 737-800 NG. Le site est situé sur l’aérodrome de Pontoise dans le 95 : www.flight-sensations-idf.com
  • Le stage “Prêt à décoller” est disponible en France à Paris, Pontoise et Marseille, ainsi qu’en Suisse, en Belgique, au Maroc et en Tunisie en fonction des demandes d’inscription. La partie théorique du stage peut également se faire à distance, notamment pour aider des passagers coincés à l’autre bout du monde et incapables d’embarquer sur leur vol retour. Enfin, le centre propose des sessions d’accompagnement en vol, demandées à ce jour par seulement 2% des stagiaires pour qui le stage n’a pas suffit.
  • Inscriptions en ligne sur le site du Centre de Traitement de la Peur en Avion www.peuravion.fr
  • Le coût du stage est de 430€ en France, 530CHF en Suisse et 390€ en Belgique. payables en plusieurs fois. La session psychologique étant animée par une psychologue professionnelle, il se peut que votre mutuelle prenne en charge une partie de la formation. Le stage peut également être financé par votre employeur sur facture ainsi qu’au titre du plan de formation. Pensez à vous renseigner auprès des organismes concernés.

Si le budget pour réaliser le stage s’avérait trop conséquent, le CTPA vous recommande son livre « Je n’ai plus peur de l’avion » et Xavier Tytelman vous invite également à suivre sa chaine YouTube sur laquelle vous pourrez notamment retrouver des séances de simulateur de vol.

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Crédits : Julie Galaup

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