Andros ne ressemble pas tout à fait aux autres Cyclades. Bien sûr, on y retrouve les maisons blanches, les chapelles face à la mer et les eaux bleues de la mer Égée. Mais l’île est aussi montagneuse, traversée de vallées verdoyantes, de sources et d’anciens chemins pavés. Une diversité qui en fait une destination à part, encore relativement discrète face à Santorin, Mykonos ou Paros.
Deuxième plus grande île des Cyclades, Andros mérite que l’on prenne le temps de la parcourir. Chora et son étonnant phare de Tourlitis donnent un premier aperçu de l’île, mais une grande partie de son charme se trouve ailleurs : dans les villages de l’intérieur, sur les sentiers qui traversent les montagnes, dans les petites baies du sud ou sur certaines plages accessibles après quelques kilomètres de route.
Si vous prévoyez plusieurs jours sur place, ne vous contentez donc pas de choisir une plage et d’y poser votre serviette. Andros se découvre surtout en bougeant d’une région à l’autre.

Se perdre dans les ruelles de Chora
Chora, également appelée Andros Town, est probablement le meilleur endroit pour commencer la visite. La capitale s’étire sur une étroite péninsule entre deux baies et présente un visage assez différent des villages cycladiques que l’on imagine habituellement.
Les maisons blanches sont bien là, mais elles côtoient de grandes demeures néoclassiques, témoins notamment de l’importante tradition maritime de l’île. En avançant dans les rues piétonnes vers l’extrémité de la péninsule, les terrasses et les commerces laissent progressivement place aux places, aux églises et aux vues dégagées sur la mer.
Poussez la promenade jusqu’à la place de l’Afanis Naftis, dominée par la statue du Marin inconnu. Juste en face apparaissent les ruines de Kato Kastro, l’ancien château vénitien, posé sur un îlot rocheux et relié à Chora par une étroite arche de pierre.
Chora possède aussi plusieurs musées, dont le musée d’Art contemporain de la Fondation Goulandris. Une bonne option pour couper une journée de visite, surtout lorsque la chaleur devient plus forte en milieu d’après-midi.

Voir le phare de Tourlitis, emblème d’Andros
Quelques mètres plus loin, impossible de manquer Tourlitis. Le phare se dresse seul sur un rocher sculpté par la mer, face à Chora. Sa position est si improbable qu’il semble presque avoir été posé là pour la photo.
Le site possède pourtant une véritable histoire. Le premier phare a été construit à la fin du XIXe siècle avant d’être détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite été reconstruit dans les années 1990 à l’image de l’édifice d’origine.
Pas besoin de bateau pour profiter du spectacle : plusieurs points de vue autour de Chora permettent de l’observer avec le château, les falaises et la mer Égée en arrière-plan. Les jours de vent, lorsque les vagues viennent frapper son rocher, le décor devient encore plus impressionnant.
Passer par la chapelle d’Agia Thalassini
En longeant le bord de mer à Chora, arrêtez-vous également devant la petite chapelle d’Agia Thalassini. Construite directement sur un rocher au bord de l’eau, elle fait partie de ces endroits que l’on pourrait facilement manquer en voiture mais qui donnent tout leur charme à une promenade dans la capitale.
Avec ses murs blancs, ses ouvertures bleues et son toit de tuiles rouges, le décor est typiquement cycladique. Mais sa situation, presque les pieds dans la mer, la rend immédiatement reconnaissable.
Tourlitis, Kato Kastro et Agia Thalassini sont suffisamment proches pour être découverts au cours de la même balade. Prévoyez simplement un peu de temps pour vous écarter de la rue principale : certains des plus beaux points de vue de Chora se trouvent au bout de petites rues qui semblent ne mener nulle part.

Choisir Batsi pour profiter de la côte ouest
À une trentaine de kilomètres de Chora, changement d’ambiance. Batsi s’organise autour d’une grande baie protégée, avec ses maisons qui remontent sur les collines et son petit port en contrebas.
C’est l’un des endroits les plus pratiques où séjourner à Andros. On peut rejoindre la plage à pied, dîner au bord de l’eau et trouver facilement des cafés et des tavernes sans reprendre la voiture le soir. L’atmosphère y est plus balnéaire qu’à Chora, sans pour autant donner l’impression d’être dans une grande station touristique.
Batsi constitue surtout une bonne base pour explorer la côte ouest. Plusieurs plages se trouvent à proximité et le port de Gavrio, où arrivent les ferries en provenance de Rafina, n’est pas très loin.

En fin de journée, le front de mer est particulièrement agréable. Les bateaux rentrent au port, les terrasses se remplissent et le soleil descend du bon côté de l’île. Si vous hésitez entre Chora et Batsi pour dormir, le choix dépend donc surtout de l’ambiance recherchée : patrimoine et promenades à Chora, plage et soirées plus animées à Batsi.

Descendre jusqu’à Ormos Korthiou
Le sud-est d’Andros offre encore un autre paysage. La route vers Ormos Korthiou traverse une région plus rurale, où les flancs des montagnes sont découpés par d’anciennes terrasses agricoles et des kilomètres de murs en pierre sèche.
Ormos Korthiou est un petit village installé au fond d’une grande baie. Il n’a pas le charme monumental de Chora ni l’animation de Batsi, mais c’est justement ce qui fait son intérêt. On vient ici pour ralentir, déjeuner au bord de l’eau et explorer le sud de l’île.
C’est également dans cette région que se trouve Tis Grias to Pidima, l’une des plages les plus photographiées d’Andros. Elle est reconnaissable à son impressionnant rocher vertical dressé dans l’eau, auquel est attachée une légende locale. L’accès demande un peu plus d’effort qu’à une plage aménagée, mais le cadre mérite le détour.

Découvrir une Cyclade étonnamment verte à pied
La randonnée n’est pas une activité secondaire à Andros : c’est l’une des meilleures raisons de choisir l’île.
Pendant des siècles, un réseau de chemins pavés permettait de relier les villages, les terres agricoles, les monastères et les ports. Une partie de ces anciens itinéraires a aujourd’hui été restaurée et balisée par le projet Andros Routes.
Son itinéraire phare, l’Andros Route, traverse l’île sur environ 100 kilomètres. Il a obtenu en 2015 la certification européenne Leading Quality Trails – Best of Europe et peut être parcouru en plusieurs étapes. Il n’est évidemment pas nécessaire de marcher les 100 kilomètres pour en profiter : de nombreuses portions peuvent être effectuées à la journée.
Les paysages surprennent souvent ceux qui arrivent à Andros avec l’image d’une Cyclade uniquement sèche et rocheuse. Autour de villages comme Menites ou Apikia, on trouve des sources, des vallées boisées et une végétation beaucoup plus présente que sur d’autres îles de l’archipel.
Plus haut dans les montagnes, le monastère de Panachrantos mérite également le détour, autant pour le bâtiment que pour la vue sur les reliefs environnants.
Quelles plages voir à Andros ?
Il serait dommage de parler des plages d’Andros sans en citer quelques-unes, car elles sont très différentes selon les régions.
Sur la côte ouest, les plages autour de Batsi sont parmi les plus faciles d’accès. Golden Sand et Agios Petros conviennent bien si vous recherchez une journée de baignade simple à organiser.
Pour des paysages plus sauvages, regardez du côté de Vitali et Zorkos, au nord. Les routes sont plus longues et parfois moins confortables, mais on y gagne de grandes baies entourées de reliefs presque inhabités.

Achla, sur la côte est, fait également partie des plages les plus réputées de l’île. Son accès est moins évident que celui des plages de la côte ouest et certains voyageurs choisissent de la rejoindre par bateau. C’est typiquement le genre d’endroit pour lequel il vaut mieux vérifier l’état de la route avant de partir.

Enfin, au sud, Tis Grias to Pidima est davantage qu’une plage où passer la journée : son rocher planté dans la mer en fait l’un des paysages caractéristiques d’Andros.

Combien de jours prévoir à Andros ?
Un week-end permet de découvrir Chora et une partie de la côte ouest, mais trois à cinq jours offrent déjà beaucoup plus de liberté.
Avec trois jours, vous pouvez par exemple consacrer une journée à Chora, une autre à Batsi et aux plages de l’ouest, puis une troisième au sud ou à une randonnée. Avec quelques jours supplémentaires, il devient possible d’aller chercher les plages plus isolées et de découvrir les villages de l’intérieur sans passer la moitié du séjour en voiture.
Andros est assez grande et montagneuse. Sur la carte, les distances paraissent modestes ; sur place, les routes sinueuses rendent certains trajets plus longs qu’on ne l’imagine. C’est un détail à garder en tête au moment de préparer son programme.
Quand partir à Andros ?
Pour marcher, visiter les villages et profiter de la mer sans les fortes chaleurs de l’été, mai, juin, septembre et le début du mois d’octobre sont particulièrement intéressants.
Juillet et août restent évidemment les mois les plus animés. Les températures sont plus élevées, les liaisons maritimes sont nombreuses et Batsi comme Chora vivent davantage le soir. C’est aussi la période où il est préférable de réserver son hébergement et sa voiture à l’avance.
Si la randonnée fait partie des priorités du voyage, le printemps et le début de l’automne sont plus confortables. Les paysages du printemps permettent en plus de découvrir une Andros beaucoup plus verte que l’image traditionnellement associée aux Cyclades en plein été.
Comment aller à Andros depuis la France ?
Andros ne possède pas d’aéroport. Depuis la France, l’itinéraire le plus simple consiste généralement à prendre un vol pour Athènes, puis à rejoindre le port de Rafina, situé sur la côte est de l’Attique.
Des ferries relient Rafina au port de Gavrio, dans le nord-ouest d’Andros, toute l’année. Selon le bateau choisi, la traversée dure généralement autour d’une à deux heures.
Andros est également reliée par ferry à plusieurs îles voisines, notamment Tinos et Mykonos. Elle se prête donc très bien à un itinéraire combinant plusieurs étapes dans les Cyclades.
Faut-il louer une voiture à Andros ?
Ce n’est pas indispensable si vous prévoyez de rester autour de Batsi ou de Chora, mais une voiture change clairement la façon de découvrir l’île.
Les bus permettent de relier les principaux villages et le port, avec une offre généralement plus importante en été. En revanche, pour atteindre certaines plages, partir tôt sur un sentier ou explorer les villages de montagne, disposer de son propre véhicule est beaucoup plus pratique.
Il faut simplement garder à l’esprit que toutes les routes d’accès aux plages isolées ne sont pas équivalentes. Avant de s’engager vers une crique reculée, mieux vaut se renseigner localement sur les derniers kilomètres, surtout avec une petite voiture de location.
Pourquoi Andros mérite plus qu’une simple escale
Andros possède les ingrédients que l’on vient chercher dans les Cyclades, mais pas forcément dans l’ordre attendu. La plage n’éclipse pas le reste. Ici, on peut commencer la journée dans une vallée verte, marcher sur un ancien sentier pavé, rejoindre un monastère dans la montagne puis terminer quelques heures plus tard devant la mer à Batsi.
Chora, Tourlitis, les villages de l’intérieur, les chemins d’Andros Routes et les plages sauvages donnent à l’île suffisamment de variété pour y rester plusieurs jours sans avoir l’impression de répéter le même programme.
Et c’est probablement là qu’Andros se distingue le plus : elle conserve le décor des Cyclades tout en offrant quelque chose d’un peu différent derrière la carte postale.