Suite à l’assassinat de l’humanitaire français Michel Germaneau au Mali, Nicolas Sarkozy a appelé les touristes à éviter les voyages au Sahel, une zone traversant l’Afrique sur plus de 5000 km. Étant donné l’imprécision de l’information, voici quelques données importantes avant de réfléchir à annuler son voyage.
Où se trouve le Sahel ?
Sahel est un terme d’origine arabe signifiant rivage.
Il existe plusieurs sahels, celui évoqué par le gouvernement est le sahel Africain, dont les limites varient selon les conceptions des géographes. En général, on considère comme faisant partie du Sahel tous les pays bordant le Sud du Sahara, sur une hauteur d’environ 500 km. Il s’étend donc de l’Atlantique à la Mer Rouge, et comprend en théorie les pays suivants d’ouest en est : Cap Vert, nord du Sénégal, sud de la Mauritanie, de l’Algérie, du Niger, nord du Burkina Faso, du Niger et du Nigéria, centre du Tchad et du Soudan, Mali.
A cette zone sont parfois intégrés l’Érythrée, certaines zones de la Somalie et de l’Éthiopie, Djibouti et le nord du Kenya.
On imagine le Sahel comme une zone complètement désertique, c’est pourtant une zone peuplée de millions d’habitants nomades, vivant au rythme des saisons. Le Sahel est une région fragile d’un point de vue écologique et humain.

Où les voyages sont-ils déconseillés exactement ?
Tous les pays du Sahel ne sont en fait pas concernés. Sur le site du Quai d’Orsay sont aujourd’hui déconseillées les zones sahéliennes situées dans les pays suivants, où subsiste en effet une activité du groupe Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) : Tchad, Mauritanie, Algérie, Libye, Niger, Mali, Burkina.
Alain Capestan, directeur du tour opérateur Terres d’aventures, insiste sur la nécessité de bien définir les zones déconseillées : « Il faut faire attention à ne pas traiter toute cette zone comme une seule destination. Certaines zones sont effectivement dangereuses, et elles sont connues depuis longtemps, mais d’autres le sont beaucoup moins ».
Inutile, donc, d’annuler votre séjour en club sur la côte sénégalaise ou au Cap Vert, même si en théorie on peut le situer dans le Sahel. Près de 30000 français se rendent chaque année dans les zones du Sahel aujourd’hui déconseillées par le Quai d’Orsay, pour des séjours touristiques. Le tourisme y fait vivre des dizaines de milliers de personnes et est vu comme un moyen d’écarter les populations des réseaux terroristes. Il y a de fortes chances que cette annonce ait des répercutions sur la fréquentation de ces régions et d’une manière générale sur la zone subsaharienne.
Retour sur la loi Kouchner : non-prise en charge des touristes dans les zones déconseillées
Un projet de loi est en cours d’étude concernant la responsabilité des agences de voyages et des touristes se rendant dans des zones déconseillées. Le texte prévoit que les “touristes irresponsables” s’étant rendus dans des zones déconseillés par le Quai d’Orsay, devront payer en cas de nécessité (secours, rapatriement d’urgence).
Ce projet de loi est très fortement critiqué par les tour opérateurs, notamment ceux spécialisés dans le tourisme d’aventure et sportif. Ceux-ci devront désormais revoir l’intégralité de leurs catalogues en fonction des recommandations du ministère.