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Le Magazine du Voyageur
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Le climat change, se réchauffe. La neige est de moins en moins abondante en montagne. Il va bien falloir se faire à cette idée…et s’y adapter ! 

Commençons par le constat pour prendre la mesure du phénomène. Tournons-nous pour cela vers l’observatoire régional des effets du changement climatique (l’ORECC) et son rapport « Températures, enneigement et fréquentation des domaines skiables alpins ». Ses résultats, vous allez le voir, n’incitent guère à l’optimisme. L’enneigement moyen est en forte diminution ces trente dernières années et les hivers où la neige fait défaut sont de plus en plus fréquents.

L’OCDE estime que parmi les 660 domaines skiables actuellement exploités dans les Alpes, 60 sont déjà très impactés, qu’une centaine d’autres pourrait être touchée si la température augmente de 2°C. Par ailleurs, si le mercure venait à gagner 4°C, il ne restera plus que les 200 stations situées au-dessus de 2000 mètres pour être capables de fonctionner. Alarmant.

Vers des parcs d’attraction à haute altitude

Toutes les stations ne sont pas impactées également par le réchauffement climatique. A l’heure actuelle, la fréquentation des grandes et très grandes stations ne subit pas les effets de la baisse de l’enneigement. Mais elles s’y préparent : on observe ces dernières années un redéploiement en altitude, c’est à dire que celles qui en ont les moyens, cherchent à se développer pour atteindre des altitudes plus élevées.

« La station du futur sera ultra animée et ludique, comparable à un parc d’attractions. »

La Compagnie des Alpes, le premier exploitant de remontées mécaniques au monde (Serre-Chevalier, Val d’Isère, Avoriaz…), est par exemple en train de recentrer sa stratégie d’investissement sur les stations de haute altitude. Ces grands domaines skiables seront donc les grands gagnants puisqu’ils deviendront le réceptacle des skieurs des stations de basse altitude. Mais seulement temporairement ! Car d’ici quelques décennies elles pourraient aussi manquer de neige.

Outre le changement climatique, les stations des grands domaines skiables comme Val d’Isère, les Arcs, Les Deux-Alpes…, proposeront dans les années à venir encore plus d’activités sportives comme le ski de fond, les raquettes, le VTT, ou tout simplement la randonnée. Les services liés à la détente et au bien-être sont aussi appelés à prendre une place considérable, tout comme ceux liés à l’amusement et à la fête.

ski fete

« La station du futur sera ultra animée et ludique, comparable à un parc d’attractions. », prévoit un directeur marketing interrogé par le site Skiinfo. Parmi les évolutions entrevues : le wifi sur toutes les pistes avec le développement d’application pour que chaque skieur puisse connaître ses performances comme la distance parcourue, les plans des pistes, les conditions de neige et météo ou encore le temps d’attente aux remontées. Cela a déjà commencé. Des espaces de glisse seront adaptés à des profils de skieurs (débutant, freeride…) estime aussi Skiinfo.

Les petites stations condamnées…à proposer autre chose

Pour les petites et moyennes stations délaissées, l’avenir est incertain car, fort logiquement, ce sont elles qui sont les plus vulnérables. Les effets de la diminution de l’enneigement seront « plus sensibles dans le court et moyen terme, à basse et moyenne altitude, et à plus long terme à plus haute altitude », peut-on lire dans le rapport de l’ORECC. « Il est probable que les stations de sport d’hiver de basse et moyenne altitude ne puissent à terme continuer à offrir des prestations de ski », considère pour sa part l’OCDE.

Et l’enneigement artificiel alors ?! Eh bien…ce fut la première réaction des stations de ski. Mais ce n’est pas une vraie solution, car la production de neige de culture ne peut se faire que dans des conditions bien particulières : il faut grosso modo 4 jours continus avec une température inférieure à -2°C pour pouvoir produire un manteau neigeux artificiel. Et surtout, cultiver de la neige est catastrophique d’un point de vue environnemental (besoin d’eau, énergivore et émetteur de gaz à effet de serre).

La di-ver-si-fi-ca-tion. C’est désormais le maître-mot pour envisager l’avenir un peu plus sereinement. Des petites stations qui se savent condamnées commencent à proposer des activités beaucoup plus diversifiées et destinées à toute la famille en misant sur le patrimoine naturel et culturel : musées, sorties nature, etc. Elles attirent ainsi une clientèle différente, en quête de calme et d’authenticité. Le parc de logement évolue lui aussi vers des offres plus inhabituelles, en gîte rural, chez l’habitant, ou même en yourte. Mais il faut se faire une raison, cela ne rapportera jamais autant d’argent que l’or, l’or blanc.

Sources : Skiinfo, fondation Terra Eco, developpement-durable.gouv.fr
Photo : La limite pluie neige (Frédérique Voisin-Demery), Cheers! (Emily Bergquist) / Flickr cc.

 


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2 réponses à “A quoi ressembleront vos vacances au ski dans le futur ?

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