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Magazine du Voyageur
  •   7 min. de lecture

A 27 ans, Piotr a fait de sa passion son métier. Grâce à son blog bien-voyager.com, il vagabonde aux quatre coins du monde, en quête d’émerveillement et de nouvelles rencontres. Comme si cela ne lui suffisait plus, ce franco-polonais installé à Wroclaw s’est récemment lancé le défi d’une vie : conquérir les 7 sommets les plus élevés de chaque continent.

Comment est né ton blog bien-voyager.com ?

C’était tout d’abord une envie de partager ma passion pour le voyage. C’est également un grand plaisir d’écrire. Petit à petit, sans comprendre comment, ça a pris de l’ampleur. Coup de chance et travail acharné, allez savoir ! Après mes études, j’ai donc tenté l’aventure du blogging professionnel. Ma famille et mes amis me traitaient de fou et pourtant, trois ans après, je suis toujours là. Cela m’a permis de faire des rencontres et des voyages exceptionnels et je compte bien continuer à en faire !

Comment expliques-tu le succès de ton blog ?

Honnêtement, je ne me l’explique pas vraiment. Quand je regarde mes premiers articles, c’est loin d’être brillant… C’est difficile de trouver un style à soi, même si après trois ans, je peux dire que je commence à écrire des articles qui me plaisent. Je me suis également amélioré en photo car c’est véritablement devenu une passion et un moyen de partager mes aventures autrement qu’avec les mots.

Je n’avais aucune notion de design ou de SEO mais comme tout cela m’intéresse, j’ai posé beaucoup de questions et j’ai beaucoup appris. J’ai également reçu (et je reçois toujours) de très bons conseils de personnes qui sont devenues des mentors et que j’estime beaucoup. Je dois une grande partie de ma “réussite” à la confiance qu’ils m’ont accordé. Dans les faits, on peut écrire de très bons articles mais quelle utilité pour le blogueur si personne ne les lit, donc il faut prendre en compte le SEO si on souhaite être lu. Le plus important pour moi reste le contenu de qualité à offrir au lecteur, le travail éditorial et la photographie. Sans une recherche constante de qualité et sans une vraie passion qui entretient la flamme, on ne dure pas sur le long terme.

D’où te vient cette passion pour le voyage ?

J’ai une histoire assez particulière. Je suis né en Pologne, à l’est du mur, en 1986. Ma mère était passé de l’autre côté et je me souviens de balades avec mon grand-père le long des rails dans la petite ville, Luban, où on habitait. Il me répétait toujours que ma mère se trouvait au bout de ces rails et qu’un jour, j’irai la rejoindre. Je me suis toujours demandé ce que que je pouvais trouver au bout de la voie et à quoi pouvait bien ressembler ce monde inconnu… Je pense que l’idée de voyager a germé à ce moment là.

Piotr a finalement réalisé son rêve de se rendre en Nouvelle-Zélande
Piotr a finalement réalisé son rêve de se rendre en Nouvelle-Zélande

J’ai ensuite vécu en France et dès l’âge de 15 ans mes parents m’ont signé une autorisation de sortie du territoire. Je rentrais régulièrement seul en bus jusqu’en Pologne. J’en ai profité pour faire des petits voyages en République Tchèque, en Slovaquie ou encore en Hongrie. J’ai rapidement eu des rêves de voyages plus lointains, au Japon ou en Nouvelle-Zélande, mais tout cela me paraissait impossible. Personne dans ma famille n’était un grand voyageur. Je n’avais aucune idée de comment financer de tels voyages, comment me débrouiller une fois sur place, etc. Le blog a été le déclencheur, ce fut comme un déclic, une évidence. Une fois que l’on commence à voyager et à sortir de sa zone de confort, on se rend compte que c’est beaucoup plus simple que ce que l’on pensait.

Quel type de voyageur es-tu ?

Je suis avant tout un voyageur « coup de cœur ». Je cherche évidemment à voyager sans me ruiner mais je ne vise pas les destinations “cheap”. Je cherche avant tout à me faire plaisir. J’accorde une grande importance à la gastronomie locale (même si je n’en parle pas assez) et j’apprécie de passer du temps avec les locaux, notamment via le couchsurfing lorsque c’est possible. Marcher de longues heures avec mon sac sur le dos ou dormir en auberge de jeunesse ne me fait pas peur. Je me rends compte néanmoins que j’ai besoin de plus en plus d’une certaine intimité dans les dortoirs. Avoir une chambre privative pour se reposer, au calme, pour trouver l’inspiration lors de la rédaction des notes et profiter pleinement du voyage est quelque chose que je recherche de plus en plus. Peut-être ce besoin de confort vient avec l’âge alors que l’on devient plus “sage”.

Tu t’es lancé le défi de gravir les sommets les plus élevés de chacun des sept continents. Comment cette idée a-t-elle fait son chemin ?

C’est un pur hasard. Enfant, que ce soit en Pologne ou en France, je n’ai jamais vécu près des hauteurs. Ce n’est pas quelque chose que je connaissais ou même qui m’attirait vraiment. Pour aimer les montagnes, il faut les vivre ! En 2013, alors que je faisais du stop en Nouvelle-Zélande, j’ai été pris par un chauffeur qui faisait partie du club national d’alpinisme. Il se rendait au 50e anniversaire de l’ascension du mont Everest par un Néo-Zélandais : Sir Emund Hillary. Coïncidence, on s’est revu quelque heures plus tard par hasard et il m’a dit : « Écoute Piotr, je pense que ce n’est pas un hasard si on se retrouve à nouveau ici. La soirée commence dans deux heures et ma femme est malade. Je te donne son pass et tu viens avec moi ». J’y suis allé et j’ai passé une soirée extraordinaire. « Pourquoi ne fais-tu pas de ta vie une aventure, Piotr ? », ai-je entendu d’un petit bout de femme, la soixantaine passée, revenant d’une ascension dans la cordillère des Andes. Elle m’a alors conseillé de commencer par le trek du GR20 en France pour voir si je pouvais tenir le rythme sur la durée en prenant du plaisir à l’expérience. J’ai suivi son conseil et je ne regrette en rien. Des paysages montagnards corses à couper le souffle. On a vraiment des joyaux en France, ce fut également une véritable révélation. Je suis devenu accro, je n’avais qu’une hâte, me retrouver seul face à la nature. Je me suis donc lancé le pari un peu fou des 7 sommets afin de me guider, d’avoir un but tangible et ambitieux.

L'ascension du Kilimandjaro, première étape pour Piotr et son "défi des 7 sommets"
L’ascension du Kilimandjaro, première étape pour Piotr et son « défi des 7 sommets »

Plus concrètement, comment un tel défi s’organise-t-il ?

Je ne sais pas encore si je pourrais aller au bout, ni physiquement, ni financièrement, mais cela vaut la peine d’essayer non ? J’ai adopté une citation d’un auteur polonais Adam Mickiewicz qui disait :  « Mesure tes forces d’après tes aspirations et non tes aspirations d’après tes forces. » C’est ainsi qu’en décembre, j’ai trouvé un billet d’avion pas cher pour la Tanzanie et que je me suis lancé à l’assaut du Kilimandjaro. Pas sans entrainement bien sûr car ces derniers mois, j’avais quand même beaucoup marché (GR20) et gravit un petit sommet à 3000 mètres en Chine peu avant. Cette année, je me suis inscrit à un club d’alpinisme et je vais suivre un programme d’entrainement concocté par un lecteur alpiniste afin de préparer au mieux mon projet. Mon défi s’organise sur le découpage des ascensions en fonction de la difficulté et du coût. C’est pourquoi j’ai commencé par le Kilimandjaro et que je poursuivrai par l’Elbrouz (le plus haut sommet d’Europe) en 2014, ainsi que l’Aconcagua (le plus haut sommet d’Amérique du sud) en fin d’année (si je trouve un billet pas trop cher, par exemple avec liligo.com). Je lis aussi des livres de grands alpinistes, notamment Reinhold Messner, le premier à avoir atteint les sept sommets et un aventurier hors-norme. Il conseille justement d’être en excellente condition physique. Evidemment, je ne compte pas me lancer sur les sept sommets cette année mais c’est un projet sur le long terme et je vais continuer à faire des treks et à gravir d’autres montagnes, en Europe et ailleurs pour le plaisir et l’entrainement (dont les 860 km de la HRP cette année par exemple).

Tu es né en Pologne et tu y vis à nouveau. Quelle est ta vision de ce pays ?

C’est un pays en pleine transformation depuis qu’il est rentré dans l’Union européenne en 2004. Certains d’entre vous ont d’ailleurs pu le découvrir lors de l’Euro en 2012. C’est d’ailleurs un des seuls pays en croissance de la zone et beaucoup de gens pensent que ce sera un futur « tigre » comme a pu l’être l’Irlande à une période. Les jeunes parlent bien mieux anglais qu’en France et ont une réelle envie d’entreprendre. Ils ont souvent étudié ou ont eu une expérience professionnelle à l’étranger. C’est donc un pays plein d’avenir, mais où la religion catholique occupe encore une grande place.

Wroclaw, la ville où Piotr pose ses valises entre deux voyages
Wroclaw, la ville où Piotr pose ses valises entre deux voyages

D’un point du vue touristique, que recommandes-tu à nos lecteurs ?

Je recommande évidemment Cracovie, dans le Sud, ancienne capitale polonaise avec sa remarquable architecture silésienne et qui est bien connue en Europe. Varsovie, la capitale, a malheureusement beaucoup souffert de la guerre alors qu’on disait cette ville aussi belle que Prague ou Vienne. Il faut aussi se rendre dans les montagnes au Sud près de la ville de Zakopane, le chamonix polonais. La région des grands lacs en Mazurie ainsi que Bialowieza, la dernière forêt vierge d’Europe où vivent les derniers bisons du continent, sont également à ne pas manquer. Et bien sûr il faut aussi visiter la ville dans laquelle je vis : Wroclaw. On l’appelle la Venise de Pologne et c’est une ville très colorée et agréable où il est bon de passer un week-end. J’allais également oublier le plus important, profitez, chers lecteurs, de l’excellente charcuterie et gastronomie polonaise, des très bonnes bières locales ainsi que de l’hospitalité des habitants. Soyez vivants, souriants et généreux et ils vous le rendront au centuple.


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8 réponses à “Rencontre avec Piotr, voyageur « coup de cœur »

  1. Hello Piotr, je ne m’attendais pas à en apprendre davantage sur ton enfance ici 🙂

    Bonne année mister!

    NowMadNow

  2. C’est toujours plaisant d’en apprendre un peu plus sur toi, ton histoire et tes projets. Quel courage pour les 7 sommets. Bonne continuation et a bientôt sur BienVoyager

  3. C’est super Piotr de découvrir un peu ton passé 🙂

    Je suis tout à fait d’accord avec toi quand tu dis que en vieillissant on recherche davantage de confort. Pour moi, à de rare exception, terminé les dortoirs à plusieurs. Et j’ai même ajouté la salle de bain privative presque obligatoire maintenant. Le type de voyage change avec l’âge faut croire 🙂
    Bonne continuation pour la suite des 7 sommets.

    1. Hello Rachel, je découvre par hasard avoir eu quelques commentaires ici… ^^
      Je réponds avec du retard. Oui, le besoin de confort change…. et surtout les besoins de tranquillité pour un blogueur devant continuer à bosser le soir venu

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