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Le projet de redécoupage territorial présenté récemment par le président de la République propose le passage de 22 à 14 régions métropolitaines. Quelles sont les conséquences potentielles pour le secteur touristique en France ? Nous avons posé 4 questions à M. Luc Florent, enseignant-chercheur en géographie et directeur de l’école internationale de tourisme EMVOL.

Quels sont les organismes publics qui gèrent le tourisme en France ?

Luc Florent : Il y a un acteur par échelon territorial. Au niveau national, il s’agit du Ministère en lien avec Atout France ; au niveau régional, ce sont les Comités régionaux du tourisme (CRT) ; au niveau départemental, ce sont les CDT ; au niveau intercommunal, on trouve des offices de pôles. Et enfin, les offices de tourisme au niveau local. Tous ces organismes travaillent en lien avec les institutions politiques de ces territoires.

Le projet de réforme territoriale présenté récemment est-il de nature à avoir un impact sur le tourisme ?

Luc Florent : Le tourisme sera forcément impacté notamment sur les aspects promotionnels. Les CRT, CDT et offices de tourisme ont élaboré des stratégies dans le cadre des territoires existants. Refonder les territoires impactera nécessairement les stratégies et les investissements. Désormais, il va falloir repenser tout cela à l’aune des nouvelles régions. A titre d’exemple, la baie de Somme appartient désormais autant à la Picardie qu’à la Champagne-Ardenne, cela va être un changement culturel pour cette dernière qui n’a jamais géré de région maritime.

Cela peut-il modifier les identités régionales ? Doit-on s’attendre à des changement des stratégies de promotion touristique de la part des territoires ?

Luc Florent : A l’heure actuelle, seules quelques régions avaient une identité (Bretagne, Alsace, Normandie, Lorraine, etc.). D’autres s’en était fabriquée une : la Provence pour PACA, les Alpes pour Rhône-Alpes, les Cht’is pour le Nord-pas de Calais, etc. Il va falloir repenser tout cela et créer de nouvelles identités. Quelle va être celle de la grande région Poitou-Charentes, Limousin, Centre ? celles d’Auvergne-Rhône-Alpes ? Il va falloir tout ré-inventer.

Le problème est que ces nouvelles régions ne s’appuient pas sur des territoires cohérents avec une identité forte. Ce sont des territoires artificiels. Le touriste ne s’y retrouvera pas, d’autant plus qu’il recherche les identités. Il y a des noms qui lui parle (Val de Loire, Poitou, Provence, Bretagne…) et d’autres non (Picardie, Pays de Loire, Centre…). La tâche s’annonce compliquée pour les nouveaux acteurs.

Quels sont les cas particulièrement problématiques ?

Luc Florent : Quatre situations me semble très compliquées pour l’avenir :

– Centre-Poitou-Limousin
– Rhône-Alpes-Auvergne
– Picardie-Champagne-Ardenne
– Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon

Ici tout est à inventer. Il n’y a pas d’identité réelle et il n’y en aura pas demain. La question se pose encore pour les Pays de Loire qui, malgré 60 ans d’existence, n’ont toujours pas d’image.

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Image principale : Élysée.fr

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