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Le Magazine du Voyageur
  •   7 min. de lecture

Après quelques jours de visites touristiques, le besoin presque irrépressible de courir d’un lieu à l’autre s’apaise. Vous avez déjà arpenté les ruelles pavées de la vieille ville, houspillé des taxis roublards au hasard d’un détour, exploré les allées animées de la ville moderne, senti la température tomber avec le soir dans un jardin ombragé. Les certitudes s’estompent. S’il est temps pour vous de sortir un peu des sentiers battus, voici quelques conseils ! Première partie du voyage… les alentours de Jérusalem au nord.

Du mont Herzl aux sources du village d’Ein Kerem

Tôt le matin, le chauffeur de bus vous lâche devant une statue rouge monumentale. Ajustez les sangles d’un sac à dos chargé de bouteilles d’eau bien fraiches devant le panorama qui surplombe la forêt du souvenir et dissimule le musée Yad Vashem aux regards des passants. À votre droite une route s’enfonce dans la forêt, et au bout d’une centaine de mètres, un chemin descend vers la vallée. À partir de là, il faut couper à travers bois jusqu’à trouver le lit d’une rivière asséchée même en hiver, dans une végétation flamboyante à l’automne. Arrivés au dessous du village d’Ein Kerem, le chemin de pâture mène entre les maisons. Lieu de naissance de Jean-Baptiste, le village est l’un des rares quartiers mixtes à Jérusalem, Juifs et Arabes aisés y cohabitent pacifiquement.

S’il fait beau, que la perspective de l’eau glacée, d’un jean à laver et de genoux écorchés ne vous impressionne pas, glissez vous dans le boyau qui amène l’eau de la source au lieu dit «Meï Myriam» (les eaux de Marie). Quelques contorsions dans un tunnel faiblement éclairé à la lueur de votre téléphone suffisent pour déboucher dans une grotte sablonneuse. L’eau qui jaillit du sol et chatouille vos orteils est celle qui sert de base à l’eau bénite dans les églises des environs. Au 19ème siècle, une mosquée fut érigée sur le site par décision du calife ottoman. Une fois remontés à la lumière du jour, vous êtes sur son toit!

De là, si plus d’explorations historiques et religieuses vous tentent, demandez votre route vers le kibboutz Tzuba, où vous trouverez la caverne de Jean-Baptiste, où furent pratiqués les premiers rites baptismaux. Si au contraire il vous tarde d’explorer les champs d’Olivier du Sataf, cherchez un bus qui vous en rapproche et choisissez surtout une randonnée circulaire.

Du haut d’une des promenades du Sataf
Du haut d’une des promenades du Sataf

Si par hasard c’est vendredi, du parking au retour, il vous faudra marcher encore presque une heure pour enfin découvrir un endroit aussi inattendu que bienvenu. Les chèvres grimpées dans les arbustes ont donné le lait à partir duquel les fromages délicieux qui sont vendus ici ont été fabriqués, puis séchés dans les grottes aux alentours. Et si par hasard vous aviez pris du pain (voire du vin!) avec vous, difficile de ne pas être comblé…

De la station centrale aux maisons abandonnées de Lifta

À quelques minutes de la station centrale de Jérusalem et de ses chaotiques carrefours, la vallée désertée semble soupirer sous le vent. En poursuivant à pied jusqu’à la station d’auto-stop à la sortie de la ville, descendez l’escalier au dessus de l’autoroute qui vous emmène vers un chemin assez abrupt. À son bout, les maisons à l’abandon du village arabe de Lifta. Les eaux de sa source, supposée déterminer la frontière biblique entre les territoires des tribus de Benjamin et Yehuda, continuent d’abreuver les racines assoiffées des arbres et cactus de la vallée. En 1948, lors des combats opposant les forces arabes aux troupes de la Haganah, le village fut vidé et abandonné. Un demi-siècle plus tard, le sol est ici en friche et les ruines des maisons, visiblement parfois transformées en squat par des sans-abris ou des artistes en manque d’espace, se dressent parmi les herbes folles et les amandiers dans un déconcertant silence.

Les demeures perdues de Lifta
Les demeures perdues de Lifta

En poussant un peu vers le creux de la vallée, les vergers s’organisent en terrasse. Dans la végétation dense, on oublierait presque que la route passe à seulement quelques centaines de mètres. Si vous ne voulez pas passer la journée à explorer les creux de la forêt méditerranéenne qui s’étend vers l’ouest, remontez vers la voie rapide. Le trottoir vous ramène au bas des escaliers que vous aviez descendus à l’arrivée… Découvrez ces décors en photos.

Du zoo de Jérusalem à un réservoir d’eaux de pluie

Aux abords du zoo, repérez la route caillouteuse, qui semble tout entière laissée à la merci des chardons. Elle se mue un peu plus tard en chemin de terre, parfois arpenté par des groupes de cyclistes. À gauche, en contrebas, une route sur laquelle se dresse un checkpoint contrôlé par l’armée – mais nous restons en zone israélienne. Les rares oliviers et buissons touffus sur les collines brulées par le soleil renforcent l’étrange impression d’avoir enfin découvert un endroit vide à Jérusalem, mais il n’en n’est rien. Le lieu est pris d’assaut en période estivale par les écoliers et mouvements de jeunesse des quartiers les plus proches, eux aussi en quête d’un bassin ou enfin s’échapper de la chaleur étouffante. Si par contre vous parvenez à trouver un créneau de tranquillité dans la cuve carrée, en pierres de Jérusalem, vous aurez à votre disposition la plus délicieuse piscine d’eau de pluie, et les figuiers sauvages à piller!

Depuis la route, vers le réservoir
Depuis la route, vers le réservoir

Vers le Nord, en passant par les territoires palestiniens

Avant de passer le checkpoint de la sortie de Jérusalem et avant de foncer sur le fameux « Kvish haBika’a », vous aurez pris soin de vérifier l’état du terrain. Selon la situation, c’est le chemin le plus court vers Beit Shean – mais pas toujours le plus sûr. Dans tous les cas, ne l’empruntez pas de nuit. Ouverte aux véhicules de l’autorité palestinienne, la route plonge depuis Jérusalem sous le niveau de la mer, traverse la vallée du Jourdain par les territoires, perce à travers les collines arides de Judée, contourne Jericho, longe la Mer morte, évite Ramallah, trace son sillon entre les implantations et creuse un passage direct vers le nord le long de la frontière jordanienne. Ce chemin peut vous réserver bien des aventures

Pour une journée

Une fois sortis des territoires au nord de Nazareth, continuez tout droit vers Beit Shean. La ville moderne est une de ces cités dortoirs, construite à la hâte pour abriter les réfugiés juifs venus des pays arabes et de Russie. L’antique Scythopolis, elle, rivalisait de beauté avec Césarée et étendait son influence jusqu’en Egypte avant qu’un tremblement de terre ne cause sa chute. Reprise par les Byzantins, puis par les Arabes, ensuite défaits par les croisés, elle sombra peu à peu dans l’oubli jusqu’à ce que les fouilles entreprises au début du 20ème siècle ne fassent peu à peu sortir du sol les restes d’une immense métropole. Une fois que vous aurez un peu exploré le site, grimpez sur le mont qui le surplombe pour y profiter de la vue et y découvrir les restes d’une probable demeure égyptienne. De l’autre coté, des champs et des usines, à perte de vue.

Vue de la rue principale de Scythopolis
Vue de la rue principale de Scythopolis

En reprenant la route vers Jérusalem, arrêtez vous au kibboutz Ein Anatsiv. Moyennant une petite somme, vous accèderez à une source naturelle et son bassin d’eau pure, cachés entre les arbres du kibboutz. De quoi récupérer d’une journée en plein soleil avant de reprendre la route.

Pour deux jours ou plus

C’est l’occasion d’explorer les sources et rivières qui rendent si verts les monts de Galilée, et si fertiles les côtes du plateau du Golan. Au sud du kibboutz Tavor, un chemin descend à travers les herbes hautes vers un ruisseau presque sec en période estivale, mais assez alimenté pour former des petites piscines naturelles en hiver. Sinon, dirigez vous vers la réserve de Nahal Amud, Dans les pâturages aux alentours, si le vent n’est pas trop fort, il sera encore temps d’organiser un campement avant que la voix lactée, limpide dans un ciel presque pur, ne reste pour seule lumière.

Soirée face au mont Tavor
Soirée face au mont Tavor

Et puis, une fois que vous aurez trempé vos pieds dans le lac de Tibériade au matin, grimpez vers les premiers sommets du Golan pour y profiter de la vue avant de redescendre vers la réserve de Nakhal Yehudiya. Il faut se mouiller en entier, ne prenez rien sauf de l’eau à profusion et un téléphone que vous aurez emballé dans un sac étanche! Le lieu, très populaire en été, reste presque vide à l’automne. La promenade commence par une descente vers les flots de la rivière du Yehudiya dans une faille rocheuse qui serpente le long d’une vallée asséchée. Au milieu des roseaux, des palmiers, des herbes folles, portés par les chants des oiseaux, le ruisseau s’elargit parfois pour former des piscines naturelles très profondes qu’on traverse à la nage à l’ombre des rochers qui les protègent, avant que la rivière ne tombe alors en cascades plus bas. Caméléons et libellules vous suivent, pour peu que vous ne les effrayiez pas trop.

En pratique

  • Transports : il n’y a pas d’aéroport à Jérusalem, il faut prendre un blog.Rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie de cet article : les alentours de Jérusalem, au sud.
    Photos : Carnets d’Aliyah

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