Le Magazine du Voyageur icon
Le Magazine du Voyageur
  •   7 min. de lecture

Un voyage haut en couleurs entre Jérusalem et Tel Aviv, par notre invitée Perle, auteur du blog Carnets D’Aliyah.

A l’horizon déjà, vous voyiez cette bande lumineuse au loin depuis le hublot de l’avion. Les pneus ont crissé à l’atterrissage, c’est la nuit. Déjà l’odeur du bitume chaud et humide vous happe, vous y voilà. Vous plissez les yeux pour vous réhabituer aux lumières de l’aéroport de Tel Aviv tandis qu’une jeune soldate vous assaille de questions d’un air faussement nonchalant. Tampon losange, bienvenue en Israël! Résolument pluriel, entre orient ravagé et modernité décomplexée, le pays s’offre au touriste ouvert, un peu rêveur et volontiers aventureux – seul ou à plusieurs. Dans une région couverte en continu par les médias du monde entier, à vous cette fois de découvrir…

De l’aéroport à Jérusalem

Installés dans un taxi collectif (« shérout ») qui fonce sur l’autoroute éclairée, vous écoutez la radio et cette langue si particulière qui s’en libère. L’hébreu, ressuscité au début du siècle dernier par ses premiers linguistes modernes, est langue officielle – des livres d’Amos Oz aux graffitis sur les pierres blanches de Jérusalem. Au détour d’une colline, les maisons apparaissent, comme égrainées une par une entre les cyprès des collines vert tendre. L’air rafraîchi par un vent désertique s’engouffre par une fenêtre ouverte, suivi par les suaves émanations d’un lilas en fleur. Demain, ces rues désertes bouillonneront d’une foule bigarrée, mais à la lueur de la lune, dans la fraîcheur d’un quartier endormi, l’air hiérosolomytain est serein.

Du dédale de la vieille ville aux allées du shouk Makhané Yehuda

Jérusalem est un monde, figée par ses traditions millénaires et toujours changeante. Il faudrait une vie pour tout y voir, mais des murailles de la vieille ville aux bars branchés des petites ruelles du centre, on s’habitue en quelques jours à son rythme singulier. Au petit matin, le soleil se lève sur les collines de Judée, infuse ses tons roses dans les rares nuages d’un ciel cyan, sur la Tayelet aux abords du nouveau quartier de Talpiyot, une leçon de géopolitique se déploie sous vos yeux : l’Est et l’Ouest imbriqués, ce serpent de pierre au loin que dessine la barrière de sécurité, le Dome du Rocher posé sur le mont du Temple, les maisons basses des quartiers arabes.

Tayelet Jerusalem
Depuis la Tayelet, à la tombée du soir

La vieille ville semble tout entière dédiée au tourisme de masse, et pourtant l’aventure guette à chaque coin. A l’hospice autrichien, on ne parle qu’allemand ou anglais, sur le toit du St Sépulcre, on prie en amharique, et les moines coptes vous introduiront dans une des réserves d’eau pure de Jérusalem l’antique moyennant quelques centimes. Dans l’effervescence des couleurs et des odeurs, le humus se déguste à l’ombre loin des groupes brulés par le soleil dans les petites allées de la ville arménienne, et le lait d’amande s’achète au marchand qui le verse alors d’un container en métal posé à même les marches en pierres.

La ville moderne, à l’image de son modèle millénaire est un labyrinthe d’avenues embouteillées, un dédale de passages où se croisent les populations des différentes communautés sans jamais vraiment s’y mêler. Dans les artères animées du shouk Makhané Yehuda, l’arabe mi-guttural mi-chantant se mèle avec le grec, l’anglais, l’hébreu et le français. Au coin de la rue Agrippas, se dégustent des borekas aux épinards sans pareil, suivis d’un jus de fruits de la passion, cédrat ou herbe coupée dans l’avant dernière entrée du shouk depuis la rue.

shouk Makhane Yehuda, Jerusalem
Au shouk Makhane Yehuda, Jerusalem

De Jérusalem à Tel Aviv

Sans nous avancer à déclarer révolue la période où l’usage du transport public en Israël était risqué, le risque d’attentat est presque néant* et le bus reste le moyen de transport préféré des Israéliens, grâce au réseau très développé de la compagnie nationale, Egged. Après une vérification sécuritaire digne d’un aéroport occidental, dans l’autobus 405 qui vous emmène vers la station centrale de Tel Aviv (« Takhana Merkazit »), s’installent des soldats, des religieux, des jeunes américains en voyage, quelques familles nombreuses, une tranche de société, surement prête à papoter, pour peu que vous soyez prêts à dialoguer sans les juger. Le soir, et le shabbat, où les transports urbains sont entièrement arrêtés dans tout le pays, des taxis collectifs assurent la liaison dès qu’ils se remplissent, depuis le centre de Jérusalem. Après 45 minutes, pointent à l’horizon les tours de Tel Aviv, tel un mirage devant une mer bleue étincelante.

Tel Aviv, vue depuis Jaffa
Tel Aviv, vue depuis Jaffa

Vers la plage, Jaffa, et puis sur des quais du nouveau port de Tel Aviv au quartier de Florentine

Tel Aviv semble dessinée par un artiste torturé un jour heureux. Une sorte de mélange absurde, entre Manhattan et Sarajevo, irrésistiblement attirante par son dynamisme et repoussante parfois de saleté. L’air sec de Jérusalem est loin, ici la chaleur est moite, mais la lumière plus vive, l’humeur plus détendue, les jeunes plus rieurs, les passantes plus découvertes. L’été, il semble que partout flotte une légère odeur de crème solaire. Montez d’abord dans un taxi collectif sur la rue Levinsky vers Jaffa, ils suivent les lignes des bus de la ville et déposent les voyageurs aux coins de rues sur leur route prédéterminée. Jaffa, l’ancienne ville arabe annexée par la municipalité de Tel Aviv, ancien coupe gorge réputé, se « gentrifie » peu à peu. Ses rues se pavent, foisonnent de galeries qui côtoient la très célèbre boulangerie Abulafia, et l’ancien quartier général des forces anglaises.

Pieds nus, la marche commence, pour remonter du Sud au Nord la plage de Tel Aviv, contourner les zones préférées des touristes, la carcasse de l’ancienne boite de nuit du Dolphinarium, explosée en 2002 par un kamikaze palestinien, dépasser les transats jaunes du croisement avec le boulevard Allenby et enfin poser votre sac étanche sur la plage Gordon. A la tombée du soleil, il sera toujours temps de déambuler pieds nus sur les docks en tek et les camailleux de gris bétonné du port de Tel Aviv, récemment rénové et dont les restaurants au bord des flots se remplissent de fêtards prêts à danser sur le sable du Clara pour accueillir le weekend.

Mais vous, éclipsez vous, remontez en bus les allées des immeubles Bauhaus de la ville, traversez les boulevard Rothshild et ses petits kiosques enflammés par la douceur du soir qui descend, dépassez la rue Shenkin, ses magasins de deuxième main et ses cafés trendy, trouvez plutôt une terrasse, un bar dans le quartier de Florentine, le nouveau quartier rénové de la ville. Là-bas, c’est sur, vous saurez pourquoi les Israéliens affirment que Tel Aviv ne « dort jamais ».

En pratique

  • Transport vers Israël : les grandes compagnies régulières assurent de nombreux vols, tous les jours, depuis la plupart des grandes villes de France. Les périodes de septembre et octobre sont souvent très chargées en raison des fêtes juives de début d’année.
  • Avant de partir : il n’y a pas de visas pour les ressortissants de l’Union Européenne, ni de restriction d’entrée avec un passeport tamponné par des pays d’arabes qui n’entretiennent pas de relation avec Israël. Cependant, armez vous de votre plus beau sourire et de beaucoup de patience à l’entrée, les formalités sont souvent longues. Vous pouvez demandez un tampon israélien sur une feuille séparée.
  • Argent : le niveau de vie à Jérusalem est comparable à celui de la province en France, celui de Tel Aviv est néanmoins aussi élevé que celui des capitales européennes. Les dollars et euros sont acceptés presque partout dans les zones touristiques, souvent à un taux outrageux. A Jérusalem, il est possible de faire jouer la concurrence entre les bureaux de changes sur la rue Ben Yehuda.
  • Attitude : dans la vieille ville de Jérusalem, il n’est pas recommandé de se promener seul ou de nuit. Pour visiter les lieux saints, une tenue décente est demandée, au risque de vous voir affublée d’un tissu noir par les gardiennes du Mur des Lamentations ou du St Sépulcre. L’entrée vers esplanade des mosquées est fréquemment refusée aux hommes en short, on demande aux femmes de porter une jupe fournie sur place, et possiblement un voile.
  • Sur place : pour ceux qui préfèreraient organiser le parcours avant le départ, un voyage éducationnel, ou une expérience en groupe, le groupe Daat propose des formules sur mesure.

Retrouvez tous les articles de Perle sur le blog du Voyageur, et sur son blog.
Photos : Flickr, austinevan/Carnets d’Aliyah

* les voyages sont cependant déconseillés par le Quai d’Orsay dans les territoires palestiniens, le long des frontières libanaise et égyptienne. Le ministère reconnait une nette amélioration de la situation sécuritaire mais recommande toujours d’éviter transports en commun. Dans tous les cas, il est conseillé de rester informé sur l’actualité lors d’un voyage en Israël. Conseils aux voyageurs Israël


Avec Liligo trouvez le meilleur vol pour votre prochain voyage !


2 réponses à “Petites perles d’Israël : voyage entre Jérusalem et Tel Aviv

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

footer logo
Rédigé avec pour vous