Lost in Swell Ewen
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Lost in the Swell, en quête d’un paradis pour surfeurs

Après avoir tenté de (sur)vivre pendant un mois sur une île déserte, trois Bretons, amis, surfeurs et aventuriers, ont décidé de partir à bord d’un trimaran « écologique » en quête de la vague parfaite dans les Îles Salomon. Retour sur leurs aventures et leurs motivations avec Ewen, l’un des trois participants à cette expédition au bout du monde. 

Après Des Îles Usions, voilà que vous avez décidé d’aller surfer une vague vierge aux îles Salomon…Comment ces idées un peu folles ont germé dans vos esprits ? 

Ewen :  Pour Des Îles Usions c’était un peu le ras le bol d’une société de consommation. On voulait se couper du monde moderne et renouer avec les choses simples. Faire un sport comme le surf donne envie de voyager et de partir explorer des territoires où il n’y a personne. On a finalement tenu 23 jours sur notre île déserte. En rentrant de cette première aventure, on s’est dit qu’il fallait repartir à la recherche de vagues et de population mais en bateau cette fois. Pour Lost in the Swell, on voulait associer un moyen de transport plus adapté pour partir à l’aventure. Comme on n’avait pas beaucoup d’expérience en la matière, on a commencé par un tour de la Bretagne pour se faire la main avant les Salomon mais aussi pour valider le bateau.

Justement, parles-nous un peu de « Gwalaz », votre trimaran « bio », et de votre apprentissage…

Depuis quelques années on utilisait des planches de surf en matières naturelles pour remplacer les matières issues du pétrole. C’est un peu comme ça qu’on a rencontré Roland Jourdain [double vainqueur de la Route du Rhum ! ndlr] qui est engagé dans ce type de projet écologique. On a discuté de notre idée de partir en bateau au Salomon et il nous a construit « Gwalaz » (herbe marine en breton). Il est réalisé à 80 % en bio composite, le reste est encore issue du pétrole car pour l’instant il n’est pas possible de réaliser du 100% naturel, à part en bois mais les performances ne seraient plus au rendez-vous. Gwalaz a été réalisé avec la collaboration de la Région Bretagne, de Kairos (société de Roland Jourdain) et des chantiers Tricat.

lost in the swell Gwalaz

Nous avions presque tout à apprendre niveau navigation. Ronan est celui qui avait le plus d’expérience parce qu’il avait navigué un peu avec ses parents. Lui comme moi avions aussi déjà fait un peu de Hobie Cat mais sans jamais sortir de la rade de Brest. Aurélien n’avait quant à lui jamais mis un pied sur un bateau à voile. Il nous a fallu pratiquer pour bien connaître le bateau mais aussi par exemple apprendre à lire une carte avant de partir à l’autre bout du monde…

Enfants, on rêve un peu tous de partir vivre sur une île déserte, de jouer à Robinson Crusoé…mais quand on regarde Des Îles Usions, la réalité semble bien différente et bien plus dure que le rêve…

Oui c’est clair qu’on s’est rendu compte qu’il est difficile de quitter tout le confort qu’on a. C’est dur – voir impossible – de s’en défaire quand on y est habitué depuis enfant. Faire les courses au supermarché puis mettre 3 minutes à faire cuire son repas… Essayer de se nourrir prend une journée entière sur une île déserte et c’est épuisant… C’est le bilan qu’on en a tiré. Aujourd’hui, je pense qu’il ne faut pas trop partir dans les extrêmes, mais réussir à allier les bonnes choses de la modernité tout en retournant dans un mode de vie plus proche de la nature.

Avant votre départ pour les Îles Salomon, on vous sent un peu tous les trois à la recherche d’un paradis, d’un trésor caché. Avez-vous finalement l’impression de l’avoir trouvé ? 

On a effectivement trouvé tout ce que l’on recherchait : des gens hyper accueillants, des sourires permanent sur les visages des enfants mais aussi des chefs de village. C’était très fort au niveau humain. Niveau nature, on a aussi trouvé les coins très préservés que l’on cherchait. Il n’y a pas eu une journée sans voir des requins, des dauphins, des raies manta, des murènes… Quant au surf, c’était aussi parfait avec des belles vagues et personne dans l’eau. C’est exactement ce que nous étions partis chercher là-bas.

Mais il faut quand même dire que pour nous ce « paradis » reste assez éphémère. On ne s’est nourri quasiment que de riz et de poisson et nous étions donc pas mal en carence à la fin. Les blessures ne se refermaient plus, il pleuvait de plus en plus et il était temps de rentrer.

Lost in the Swell enfants

Lost in the Swell nature

Pourquoi cette recherche de la vague parfaite ? 

On a toujours l’impression que le surf est un truc communautaire et que c’est toujours la bonne entente mais au final ce n’est pas vraiment le cas. C’est un sport individuel et quand tu vas surfer au milieu de 30 personnes pour partager quelques bouts de vague, tu n’attends qu’une seule chose : que les autres sortent de l’eau. Il y a aussi le mythe de la vague secrète que personne n’a encore surfé : le « Secret spot« . Et puis, pour nous les Bretons, aller surfer sous les tropiques dans une eau à 30° ça change du tout au tout. Ce n’est plus vraiment le même sport et ça fait rêver ! 

Dans ce domaine, vous avez aussi trouvé ce que vous cherchiez ? 

On a eu des vagues parfaites, lisses, tubulaires, longues et de taille correcte avec 1,50 mètre. On a aussi eu la plus grosse houle qu’ils aient connu là bas depuis plusieurs années avec des vagues de plus de 4 mètres. On n’y était pas préparé, mais c’était vraiment des moments exceptionnels. On s’en souviendra très longtemps.

lost in the swell surf

Parles-nous un peu de votre relation d’amitié. Il doit falloir être très proche pour vivre ce genre d’aventures sans que ça finisse mal…

Ronan et moi, on se connait depuis la sixième, depuis qu’on a 11 ou 12 ans, sans jamais se lâcher. Aurélien, ça fait quelques années qu’on a connecté avec lui mais c’est comme si on le connaissait depuis tout petit. On s’entend très bien, c’est pour ça qu’on voulait partir ensemble. Ronan aurait pu, par exemple, en tant que cameraman, vouloir partir avec un meilleur surfeur que nous. Mais au final, on ne recherchait pas la performance, au contraire, et il n’est pas possible de faire ce genre de voyage avec n’importe qui.

On est tous les trois complémentaires, chacun avec des personnalités différentes qui s’assemblent bien. Il y a eu des moments de tensions inévitables sur un petit bateau, dans des endroits inconnus, à manger pas grand chose…mais au final, notre amitié a grandi. On se connait encore mieux et on est encore plus proche.

Avec le recul et après votre retour sur la terre ferme, de quoi es-tu le plus fier ? 

Il n’y a pas de sentiment de fierté mis à part celui d’avoir réalisé un rêve personnel. Depuis des années je voulais partir en bateau vers des îles désertes à la recherche de vagues parfaites entouré de mes amis. Le rêve d’une vie est accompli et il s’est bien déroulé. Je suis aussi heureux qu’on puisse continuer à le faire partager et à le faire vivre après notre retour.

Peux-tu déjà nous dire quelle sera votre prochaine aventure ? 

On y réfléchit. On n’a pas encore trop eu le temps de se pencher concrètement dessus parce qu’on bosse encore pas mal sur Lost in the Swell, mais c’est clair qu’on est lancé et que ce serait dommage de s’arrêter là. On n’a pas de plan concret mais on espère bien sûr qu’il y aura encore autre chose.

 

Retrouvez Ewen, Aurel et Ronan et leurs aventures en Bretagne et aux Îles Salomon grâce à leur web série sur Lost in the Swell

Le 14 novembre, le film de leurs aventures sera diffusé au cinéma Les Baladins de Perros Guirec à 18h et 21h.

Le même soir, un reportage de 26 min sera diffusé sur France 3 dans l’émission Thalassa. 

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