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Faire la chasse au tourisme de chasse :  « Pan ! Pan ! Pan !  » 

C’est un phénomène en vogue mais controversé que nous abordons aujourd’hui. Le tourisme de chasse n’est pas nouveau mais prendrait de plus en plus d’ampleur. Il s’agit souvent de riches touristes payant très cher le droit d’abattre un animal – parfois protégé – au cours de «  chasses sportives  » .

Il n’est pas aisé d’aborder ce sujet car il est encore très mal connu, et pour cause, il est souvent à la limite de la légalité et parfois même totalement hors du cadre légal. Les chiffres exacts sont eux aussi discutables, mais le site d’actualité allemand «  Focus.de  » croit savoir que chaque année, plusieurs dizaines de milliers de touristes se lancent sur les traces des espèces d’animaux  menacées de disparition, pour rapporter un «  trophée  » à la maison : un ours abattu au Canada ou en Russie, un éléphant ou un lion tué dans un pays africain, etc.

Les tarifs varient beaucoup en fonction de la menace qui pèse sur l’espèce et de ce qu’elle représente de symbolique. Il faut débourser beaucoup plus pour s’offrir le plaisir (c’est ironique, vous l’avez compris) d’abattre un animal d’une espèces menacée de disparition.

Voici quelques estimations de l’ONG de défense de l’environnement «  Prowildlife  » des prix payés par les chasseurs pour un trophée. On le voit, l’ours polaire et le rhinocéros noir ont particulièrement la cote. Là encore, il s’agit d’être prudent sur les chiffres et de rappeler qu’il ne s’agit que d’estimations  : 

  • Éléphant : 14-56.000 €
  • Rhinocéros : 35.000 €
  • Léopard : 14-23.000 €
  • Buffle : 5-13.000 €
  • Ours polaire : 40.000 €
  • Rhinocéros noir : 280.000 €

Ces prix – qui, vous en conviendrez, ne sont pas accessible au commun des mortels – comprennent généralement le déplacement, l’hébergement, l’organisation de la chasse, les licences et le transport des précieux trophées. Sans compter parfois le devoir de réserve…à verser en nature, de préférence.

 «  Le roi de la jungle est en voie d’extinction  » 

Cela fait déjà plusieurs mois que l’International Fund for Animal Welfare (IFAW) a tiré la sonnette d’alarme et dénoncé les ravages liés à la chasse d’espèces menacées. Le «  roi des animaux  » lui-même serait en danger de disparition si la tendance actuelle se confirme, victime des touristes-chasseurs, Américains pour la plupart.

 «  Le roi de la jungle est en voie d’extinction et pourtant les Américains continuent de tuer des lions rien que pour le plaisir  » ,

déplorait l’IFAW, dans un rapport rendu l’année dernière. Sur la dernière décennie, deux tiers des lions abattus ont été acheminés vers les États-Unis.

Il est vrai que rien n’est plus valorisant que de recevoir ses amis dans un salon orné d’un tapis en peau de félin et que rien n’est plus confortable au petit matin de poser ses pieds sur une belle descente de lit en peau de lion, mais la préservation de la diversité biologique devrait passer avant toutes ces considérations de goût et de confort, n’est-ce pas ? 

La revanche est un plat…

L’ours polaire, acculé de toute part

Il est sans doute l’animal le plus emblématique des tourments qui assaillent notre planète, le réchauffement climatique en premier lieu. Et pourtant le pauvre ours blanc doit en plus faire face à d’autres menaces : la chasse. Plusieurs pays nordiques ont déjà mis un frein à leur chasse, l’interdisant totalement.

Au Canada, dans une volonté de maintenir leur mode de vie traditionnel, les Inuits se voient octroyer par les autorités des quotas de chasse. Mais – comme dans bien d’autres pays, d’Afrique notamment – ces permis donnent lieu à des tractations et à un «  business  » qui met en danger l’espèce. La revente de ces quotas à de riches touristes, par exemple. Bref, ces beaux animaux excitent les convoitises.

Photos : Jenny Varley, Oggie chien, Jenny Varley, pterjan / Flickr CC.

2 réactions

  • PHILIPPE Répondre

    A force de voir des choses comme celles ci j’ai de plus en plus envie de lancer la chasse aux Cons !  !  ! Je me ferais un immense plaisir, vous pensez qu’il faut débourser combien ?  ?  ? 

  • Maribel Répondre

    Je suis contre tout type de chasse, mais si un + est pratiqué par des riches pire et l’ours…..Un si beau animal, Pum, pum contre les chasseurs