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Le Magazine du Voyageur
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« Un Voyage c’est l’équivalent de 1000 heures d’éducation civique ». Fort de ce constat, Jean-Pierre Aurières, professeur d’histoire-géographie au lycée Paul Eluard, à Saint-Denis, emmène chaque année ses étudiants en reportage. Le voyage, c’est l’arme pédagogique de ce prof’ globe-trotter qui a eu la gentillesse de nous en dire un peu plus sur son projet. Et ses étudiants aussi.

« Au bout de la route », c’est le nom du projet éducatif de ce professeur. Chaque année, il se décline en un thème particulier. L’Irlande du Nord : vivre après un conflit ; Les frontières / USA – Mexique ; Brésil, pays émergent et front pionnier ; etc. Ce printemps, ses élèves sont partis à Madagascar pour y étudier les contrastes sociaux et environnementaux. Un périple que l’on peut d’ailleurs retrouver sous la forme de plusieurs reportages sur le site internet de l’excellente revue XXI.

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Questions au professeur…

En quoi ces voyages thématiques apportent plus à vos élèves qu’un voyage scolaire classique ?

Jean-Pierre Aurières:Les voyages thématiques sont plus enrichissants, car ils sont préparés durant toute une année scolaire, ils font l’objet de rencontres avec des ressortissants du pays concerné ou bien de spécialistes du thème étudié. La confrontation aux réalités économiques et sociales du pays étudié est sans commune mesure en termes d’impact qu’un cours théorique. En Irlande par exemple nous avons rencontré David Hume, prix Nobel de la paix, il a évoqué pour nous la difficulté à faire les 1er pas vers la pacification. En Afrique du sud, c’est le chef de cabinet de Félix de Klerk qui nous a raconté les longues négociations qui ont mené à la fin de l’apartheid.

Et puis bien sûr, les rencontres humaines exceptionnelles: un indien du Guatemala nous racontant le massacre de sa famille, des mères sud-africaines nous racontant leur combat contre la violence et le sida qui déciment leurs enfants. Les élèves sont marqués par ce saut vers l’inconnu, par la confrontation avec d’autres cultures (ce fut très marquant en Inde notamment). La vision concrète de la pauvreté matérielle et de la richesse du cœur des populations les plus démunies, contribuent à les faire relativiser sur leur situation personnelle et accélère la maturation de leur jugement.

Vous faites appel à des mécènes pour financer vos voyages. Quels sont vos arguments chocs pour les convaincre de mettre la main à la poche ? Sont-ils toujours entendus ?

Les mécènes entretiennent avec moi une relation personnelle d’estime et de confiance, ils ont été convaincus de l’importance de ce type projet et de son aspect novateur et formateur; j’en profite pour les remercier, leur confiance m’honore et m’oblige.

au bout de la route-etudiants

… et aux lycéens voyageurs

Vous êtes de retour de Madagascar. Pouvez-vous nous raconter le moment le plus fort du voyage ?

Mehdi:Le moment le plus fort à Madagascar, c’était quand on a visité le parc naturel. A ce moment là tout le monde – y compris moi – passait un bon moment. Tout était beau : la piscine naturelle, la cascade et la montagne. Les paysages sont uniques et le sentiment qu’on a me rend heureux, devant tout ça on se sent si petit et bizarrement on pense à rien quand on regarde un tel paysage, on regarde, on écoute mais on ne parle pas, car il n’y a rien à dire.

Jeanne:Si je devais choisir un moment particulier dans ce voyage, j’hésiterais entre le premier jour où nous avons dû marcher pendant 4h sur la route parmi les Malgaches à cause d’un embouteillage, ou un soir, au milieu du voyage, où des Malgaches sont venus nous faire un spectacle avec des chants et des danses traditionnelles. D’abord, ces 4h sur la route. C’est un moment qui m’a marquée car c’était notre premier contact avec la population locale et qu’il était très agréable du fait que nous ne nous sentions pas du tout en danger. Nous avons pu marcher seuls, goûter aux fruits locaux que de petits vendeurs nous proposaient… C’était un après-midi fatiguant mais merveilleux, qui promettait de grandes choses pour la suite…

Maintenant, le soir du spectacle. Nous n’avions pas été prévenus de ce qui allait se passer, nous allions à table, comme tous les soirs. Seulement, cette fois, une association chrétienne a décidé de nous montrer comment chantaient et dansaient chacune des 18 ethnies pendant les fêtes traditionnelles. Et là, j’ai été éblouie. Ils chantaient tellement juste, tellement bien ! Leurs chants étaient si émouvants ! J’en ai lâché une larme… Le plus incroyable, c’est l’extrême générosité de ce peuple. Les Malgaches sont très généreux de leur personne, ils adorent nous montrer ce qu’ils savent faire, et ce dans n’importe quelle situation. Leurs sourires me marqueront à jamais, ces sourires si chaleureux et accueillants…

Quel pays aimeriez-vous découvrir dans le futur et pourquoi vous attire-t-il particulièrement ?

Mehdi:J’aimerais aller au Japon car c’est un mélange entre tradition et évolution. Les japonais sont très avancés technologiquement mais ils sont très attachés à leur histoire et à leur culture. Et puis ce sera sûrement le 1er pays asiatique que je visiterai.

Jeanne:Le prochain grand voyage que j’aimerais faire, c’est le Cambodge ou les États-Unis. Le Cambodge pour ses rizières et sa culture fascinante. J’ai toujours admiré les rizières, je trouve qu’elles façonnent les paysage comme rien ni personne. Je les trouve très poétiques, et c’est également ce que j’ai apprécié à Madagascar. Et les États-Unis parce que c’est un pays mythique. On ne peut pas mourir sans avoir mis un pied dans Central Park !


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4 réponses à “Interview : des lycéens au bout de la route, à Madagascar

  1. Je suis enseignante en primaire et j´ai également travaillé dans le secondaire. Bon bref, des expériences multiples en particulier dans le milieu ZEP et la réinsertion des jeunes. Certains de mes collègues actuels pernsent que ces projets ne sont pas porteurs et que rien de mieux que l´enseignement traditionnel, à l´ancienne, quoi, comme il y a 40 ans en arrière ! Pour ma part, je ne fonctionne que par projet et celui-ci me semble extraordinaire. Il est primordial pour la jeunesse que cela perdure ! Bon voyage et félocitations aux enseignants et bien évidemment aux jeunes pour leur engagement dans ce reportaje. Bon vent alors à vous tous. Depuis la Colombie…

  2. Je suis d accord avec Jeanne quand elle dit  » j étais épuisée de découvrir Madagascar mais heureuse de pouvoir goûter les produits locaux et aussi Mehdi lorsqu’il nous dit « j ai adoré le parc naturel dans ce même pays

    La question suivante concerne leurs souhaits et je suis d’accord sur le fait
    Que tout le monde à besoin de se créer ses propres rêves qui leur soi propre

  3. Bravo M. Le professeur et chapeau bas à vos mécènes de permettre à ces enfants de découvrir qu’il existe d’autres mondes!

  4. C’est vraiment un projet génial ! J’aurai aimé avoir ce genre de prof, avec des idées pareil. Il n’y a rien de mieux que le voyage pour s’ouvrir aux autres et découvrir ce qui nous entoure. Chapeau !

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