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Le Magazine du Voyageur
  •   6 min. de lecture

Vous aussi vous aimez cette nouvelle émission de voyage diffusée actuellement sur France 5 ? Eh bien nous avons contacté Vincent et Jean Sébastien pour qu’ils nous emmènent hors-champ et nous racontent les coulisses de leur émission. A lire !

Bonjour à vous deux ! Pour commencer, vous nous racontez comment s’est formé votre duo ? Qui fait quoi ? 

Vincent : Nous nous sommes croisés il y a une vingtaine d’années au service militaire. Puis nous nous sommes retrouvés à France 2, ou JS était monteur et moi reporter. Une mission mémorable en Belgique (l’affaire Fourniret) nous a rapprochés. Quand j’ai commencé à filmer seul mes reportages pour Envoyé Spécial, j’ai demandé à ce que JS me rejoigne sur un long tournage en Israël, pour qu’il me donne le recul dont je manquais cruellement, en visionnant mes images au fur et à mesure. C’est là que nous avons commencé à former un duo professionnel.

Jean-Sébastien : On se sépare un peu, Vincent continue sa carrière de grand reporter, moi je commence à réaliser mes premiers documentaires, et on se retrouve pour la création de l’émission 13h15 le samedi, où là nous proposons une nouvelle recette en éliminant toutes les barrières professionnelles qu’il y avait jusqu’alors dans la fabrication d’un reportage. Nous partons tous les deux, nous filmons à deux caméras, nous réalisons et montons nos reportages à quatre mains. Vincent a la rigueur d’un journaliste, moi le souci de la narration filmique issue de mes études de cinéma et de mon métier de monteur. Je suis spontané et fais confiance au hasard, Vincent est toujours soucieux des informations qu’on peut apporter, on est complémentaire avec un point commun : curiosité et amour des rencontres.

Pour tout savoir sur l’émission 360@ et ses diffusions. Samedi ils seront en Italie.

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« Un point commun : curiosité et amour des rencontres »

V : En reportage, on a tous les deux généralement un bon contact avec les gens. Mais j’avais une tendance à poser des « questions de journalistes », qui, sans être complètement idiotes, étaient attendues. JS, en interrogeant les gens différemment, provoque parfois des réponses plus spontanées, moins réfléchies, plus vraies.

JS : En fait on a chacun prit un peu des défauts et des qualités de l’autre avec le temps, et nous sommes devenu très complices et encore plus potes. Et petit à petit nos personnalités et nos compétences se fusionnent pour créer un 3ème personnage, celui qu’on appelle « Le Petit Rapporteur ». Nous avons fait plus de 40 reportages ensemble à cette période.

Comment s’est fait la sélection de ces 5 destinations ? Quelle était votre destination préférée à priori et celle qui vous a le plus comblé ? 

V : France 5 diffuse chaque année des centaines de documentaires, filmés dans autant de pays. Donc c’est avec la chaîne que nous avons choisi, afin de ne pas explorer des pays déjà très présents cette année sur France 5. Évidemment, le choix s’est fait aussi en fonction de nos envies, et du potentiel de séquences 360. Pour le reste, nous considérons que toutes les destinations ont un intérêt, et que tous les habitants de la planète ont quelque chose à dire.

JS : Chaque rencontre est précieuse, donc chaque destination est différente, il est difficile de faire un classement. Pour nous, tous les hommes et les femmes que nous rencontrons nous permettent d’en savoir plus sur le monde et souvent aussi plus sur nous même, c’est avant tout pour ça qu’on fait ce métier, connaître le monde et ceux qui y habitent est ce qu’il y a de plus enrichissant et épanouissant. Et c’est cette chance que nous avons que nous voulons faire partager aux téléspectateurs. Après il est vrai qu’il y a des 360 que nous avons préférées, comme la 360 sous-marine à Cancún ou celle que nous avons fait en ULM et Deltaplane pour se rapprocher par les airs du Corcovado à Rio.

« Faire vivre, comprendre, sentir le pays »

Pourquoi avoir eu l’envie d’innover techniquement ? D’où vient cette idée de séquences en 360° synchronisées sur un second écran ? 

V : Notre métier, c’est de partager, de rapporter à nos spectateurs ce qu’ils ne peuvent pas, faute de temps ou de moyens, aller chercher eux-mêmes. Tout ce qui nous permet de leur faire vivre, comprendre, sentir le pays que nous avons visité et les gens que nous y avons rencontré, mérite d’être utilisé. Cette technologie, qui n’en est qu’à ses débuts, offre une nouvelle manière de partager, d’appréhender le monde en image. Cette innovation permettra aussi, nous l’espérons, d’attirer un public plus jeune vers le documentaire.

JS : Et puis cette nouvelle technologique est parfaite pour partager. Nous partageons avec les spectateurs nos rencontres mais grâce à la 360 nous donnons au public la possibilité de prendre part aussi un peu à notre voyage. C’est comme s’ils étaient avec nous. Pendant quelques minutes les téléspectateurs prennent en main le film et grâce à leur tablette ils partagent presque « physiquement » ce voyage avec nous. Cette technologie n’est pas anodine, elle nous permet de vous emmener avec nous, encore une fois on a de la chance et on se doit de vous la partager.

Combien de temps de préparation, de tournage, puis de montage pour un doc de 52 minutes ? 

JS : Nous préparons les 5 voyages de manière simultanée mais je dirais qu’il faut compter sur un mois de préparation par destination. Nous travaillons avec Saadi Cherit, chargé de production chez Outside Films, qui nous propose des idées pour chaque pays. Après on construit une sorte de canevas avec le regard aussi de notre producteur Vincent Feragus. Nous nous laissons toujours la possibilité d’improviser lors de chaque voyage. Nous comptons beaucoup sur notre feeling, il est important pour nous de ne pas nous sentir prisonnier d’un scénario. Nous avons 10 jours de tournage pour chaque film, et nous embarquons avec nous un cadreur. Rendons hommage à Matthieu Martin (Brésil et Mexique) et Christophe Brunet (Nouvelle-Zélande, États-Unis et Italie), en plus de gérer l’image et le son, ils doivent être sur le pont 24h/24 pour filmer nos pérégrinations. Nous avons 5 semaines de montage par film.

Quel est votre meilleur souvenir de tournage ?

V : Un jour, entre Rio et Sao Paulo, JS a attrapé une insolation. Nous avions passé des heures dans une voiture découverte, et il s’était endormi en plein soleil ! Nous nous sommes arrêtés chez une productrice de cachaça, Maria Izabel. Une femme très belle et sans âge, qui habite un petit bout de paradis du côté de Paraty. Pendant que JS récupérait (il a passé presque deux jours sans pouvoir quitter son hamac, à boire du lait de coco), Maria Izabel m’a fait visiter son royaume, et donné une belle leçon de « zénitude ». Une belle âme. Une belle rencontre.

JS : Je n’ai pas vraiment de meilleur souvenir mais j’ai beaucoup aimé au Brésil ce moment de partage avec les enfants des favelas qui nous ont appris à faire des cerfs-volants. Ils ne nous connaissaient pas mais nous ont tout de suite acceptés, un peu comme des grands frères. C’est toujours un peu frustrant car les rencontres sont rapides mais elles sont vraiment toujours très denses en émotions.

Quelles sont les émissions télé (ou radio!) de voyage qui ont pu vous inspirer et celles qui vous plaisent particulièrement ?   

V : Quand je pense à notre duo, je pense souvent à celui de Colin et Mauduit, sur France Inter. Côté télévision, je cite souvent « J’irai dormir chez vous », une émission de globe-trotter tournée vers les gens, qui laisse un peu de place à l’improvisation, et nous ouvre sur le monde sans prétention.

JS : Je ne regarde pas trop la télévision mais incontestablement les émissions qui m’ont marqué sont celle de mon enfance : 5 colonnes à la une (que j’ai vu après sa diffusion évidemment), « des Trains pas comme les autres » et « Kilomètres Zéro ». Aujourd’hui « J’irai dormir chez vous » pour sa spontanéité et générosité est une de mes références.

Vous nous donnez un petit avant-goût de votre reportage au Brésil et au carnaval de Rio (diffusé le 24 octobre sur France 5) ? 

JS : On va voyager dans le pays depuis Rio de Janeiro jusque dans le sud-ouest. A Rio je vais emmener Vincent en plein cœur du carnaval et on va essayer de s’incruster dans le Samba drome le soir de la finale. Vincent m’emmènera ensuite découvrir la favela du Pan pour une initiation au combat de cerfs-volants. A São Paulo, nous tenterons de suivre Zico à l’assaut de ses immenses buildings, sa spécialité le « Parkour » sur les toits de la ville.

V : Nous irons ensuite rencontrer Dingo, la star brésilienne du street art. Nous ferons étape chez Maria Izabel, une productrice de cachaça, puis irons vers les chutes d’Iguaçu, où nous rencontrons un guarani, Francisco, qui leur dévoilent les spots les plus confidentiels de la région. On finira notre périple en se lançant un défi, le premier arrivé au Corcovado, mais par les airs …

Merci à vous deux !

Retrouvez nos interviews avec :

Nans et Mouts de «Nus & culottés»

Antoine de Maximy de «J’irai dormir chez vous»


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