VoyagesADeux
| Blogueurs | Nos invités Par

Un voyage à deux, du cinéma à la réalité

Passionnés de cinéma mais surtout de voyages, Marie et Matthieu forment un couple amoureux avide de rencontres humaines. Après avoir plaqué leur vie parisienne et au bout d’un périple de plusieurs mois en Amérique du Sud, ils ont créé Voyages à Deux, un blog qui raconte leurs aventures et où se mêlent aussi cuisine et cinéma.

Pouvez-vous nous parler de ce film qui a inspiré le nom de ce blog ? Ce qu’il représente pour vous ? 

Marie - Voyage à Deux (sans le « s » dans le titre) est un film de Stanley Donen avec Audrey Hepburn et Albert Finney que j’ai découvert sur le tard (malgré mes études de cinéma, la honte) grâce à une amie, peu de temps avant de me mettre en couple avec Matt. J’avais déjà ce projet de voyage en Amérique du Sud dans un coin de la tête et quand nous avons décidé de partir ensemble, le nom du blog s’est imposé de lui-même grâce au film. C’est une belle romance portée par des personnages très charismatiques. Celui d’Audrey est souvent insupportable et celui d’Albert très flegmatique… un peu comme nous, en fait ! Mais surtout, ce film représente un peu la vie rêvée : une vie de voyages qui ne s’arrête jamais, faite de hauts et de bas, d’aventures et de mésaventures, mais toujours pleine d’amour.

Matthieu - Et puis on s’est connu grâce au cinéma et on a très vite construit notre vie à deux en laissant volontairement beaucoup de place au voyage. Voyage à Deux était donc une belle métaphore de nos passions communes, presque une évidence.

Quel a été l’élément déclencheur de votre départ pour plusieurs mois en Amérique du Sud ? 

Marie - En ce qui me concerne, ça a surtout été un ras le bol général de la vie parisienne. J’avais un super boulot mais plus vraiment l’envie de me lever le matin pour l’exercer. Je passais mon temps enfermée dans un bureau ou dans un métro, compressée par des gens qui font la gueule. C’est un peu cliché dit comme ça, mais quand on « profite » plus des désavantages de Paris que de ses avantages, les envies d’ailleurs s’imposent très vite.

Matthieu - De mon côté, c’est Marie qui a été l’élément déclencheur. Comme certains je pense, je crains de vivre différentes existences à l’intérieur même de ma tête : aventurier, moine, artiste, bandit, vagabond… je ne suis pas sûr d’avoir encore trouvé le visage qui me convienne le mieux et j’aime l’idée d’avoir toute une vie pour le façonner. Quand Marie m’a parlé de ce projet, je crois qu’elle a réveillé l’aventurier. Contrairement à elle, j’avais surtout les avantages de Paris, mais finalement peu d’attaches. Ce voyage, c’était l’occasion de vivre une de ces vies potentielles que le destin place parfois sur votre route. En bref, un grand vent de fraîcheur qui convoquait à la fois les rêves de l’enfance et les projets d’adulte.

My beautiful picture

Des conseils pour ceux qui veulent tenter l’expérience d’un long voyage à deux ? 

Marie - Pas vraiment à vrai dire, parce que chaque couple est différent et n’aura pas besoins des mêmes conseils. Je ne pourrais même pas répondre : « bien se connaître », parce qu’on était ensemble depuis même pas un an avec Matt quand on est parti. Le voyage à deux permet de se découvrir autrement qu’à travers la routine du quotidien, apporte du piment. Forger son couple en voyage est une bonne expérience. Je conseillerais peut-être de se laisser du temps à soi, autant que faire se peut. Voyager à deux implique d’être l’un sur l’autre en permanence et ça peut parfois être étouffant. Mais certains couples hypra fusionnels vous diront qu’ils ne peuvent pas vivre autrement ! 

Matthieu - Pour faire court, suivre son cœur tout en restant sensible à celui de l’autre.

Vous avez un attrait particulier pour l’Amérique du Sud. Qu’est-ce qui vous plaît tant là-bas et que vous ne retrouvez pas ailleurs ? 

Marie - C’est un continent qui m’a toujours attirée pour ses richesses aussi bien naturelles que culturelles. Rien qu’au Chili, on peut voir en un seul pays tous les paysages possibles : la glace au Sud, le désert au Nord, des volcans, des lacs et de jolies villes portuaires et hyper dynamiques au milieu. C’est cette diversité qui m’a plu là-bas. Quant à sa singularité, ce serait sans aucun doute son accueil. Je n’ai pas encore été en Asie ou en Afrique, mais la chaleur humaine est pour le moment quelque chose que j’associe vraiment à l’Amérique du Sud.

Matthieu - Personnellement, j’ai toujours été plus attiré par l’Asie. L’Amérique du Sud tenait, dans mon cœur nomade, la place numéro 2. Comme je connaissais déjà un peu l’Asie, j’étais heureux de pouvoir découvrir quelque chose de nouveau. J’ai été bluffé à plus d’un titre. C’est un continent merveilleux. Comme Marie, je retiens surtout la générosité des gens là-bas.

VoyagesADeux3

Quel est le pays d’Amérique du Sud qui vous a le plus surpris ? 

Marie - La Colombie. Surprise en bien, parce que très loin des préjugés archaïques qu’on lui prête. La Colombie a changé, c’est un pays accueillant et qui ne rime pas seulement avec violence, Farc et narcotrafiquants.

Matthieu - Surpris… je dirais peut-être l’Uruguay. A la base, j’étais aussi parti chercher une forme d’exotisme à travers cette volonté de découvrir des choses nouvelles et je suis tombé sur un pays dont je ne connaissais rien et qui était très européen, pas du tout exotique en fait. Malgré cela, c’est l’un des pays que j’ai préféré. On y a fait de belles rencontres et on a beaucoup aimé le rythme de vie sur place. Je ne m’y attendais pas forcément.

Vous écrivez sur votre blog :  « Nous essayons de rencontrer les populations pour s’imprégner de leur culture, connaître leur style de vie et comprendre le monde à travers leurs yeux ». Quelle est la population avec laquelle le contact a été le meilleur ? Un grand souvenir en particulier à nous raconter ? 

Difficile de choisir… les sud-américains sont, d’une manière générale, hyper accueillants. On a été surpris par la gentillesse spontanée des Brésiliens autant que par l’importance de la famille au Chili ou en Colombie. Famille à laquelle on appartient tout de suite, dès qu’on met le pied dedans. Un de nos meilleurs souvenirs à ce niveau reste notre semaine en Patagonie, dans une famille où tous les couchsurfers étaient les bienvenus. On s’est même retrouvé à 15 voyageurs dans la même maison ! Cette famille d’accueil n’avait pas grand-chose mais le partageait de bon cœur. On faisait des festins de roi tous les soirs parce que tout le monde mettait la main à la pâte en cuisine, surtout la Tia Maria qui nous préparait des plats gargantuesques.

VoyagesADeux1

Comment se passe le retour à la vie normale après un long voyage à deux ? La routine à deux ? La vie de couple ? 

Marie - Pour être franche, j’ai un peu (beaucoup) déprimé les premiers temps. Matt a dû supporter mes sautes d’humeur, mes envies précipitées de repartir. Ça a été compliqué de me dire, « demain et après-demain et le jour d’après encore, je serai au même endroit, alors que le mois dernier, je n’arrêtais pas de bouger ». Puis on a pris le temps de se reconstruire en dehors du voyage, de prendre un appart, de s’organiser pour la suite, ce qui était en fait un peu nouveau pour nous. Mais au final, on n’a pas laissé la routine s’installer puisqu’on continue à voyager au moins une fois par mois, en Europe.

Matthieu - Je ne sais pas si je pourrais faire un bon aventurier à temps plein. Rentrer, retrouver une vie « normale », cela permet aussi de digérer toutes les choses merveilleuses que nous avons vécues et les partager avec nos proches après les avoir partagées entre nous. La vie normale n’est pas forcément synonyme de routine, de même que le voyage peut, à la longue, le devenir. Je pense que je suis un meilleur nomade quand je garde, dans un coin de ma tête, la perspective de la sédentarité et vice-versa. A l’heure actuelle, je suis autant heureux de profiter de l’instant présent que d’envisager nos prochaines aventures.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce grand voyage en Asie du Sud Est prévu pour 2014 ? 

Marie - C’est un voyage qu’on a reculé d’un an pour mieux s’organiser, mais à l’heure où je vous réponds, il y a de fortes chances qu’on parte finalement comme on est parti en Amérique du Sud : à l’arrache. Et c’est peut-être encore ce qu’il y a de plus excitant ! 

Laissez un commentaire