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Un 4×4, le désert et Obaid !

Vers 16 heures, le texto tant attendu arrivait enfin : « Hello Mister Paul, my name is Obaid and I will be your guide on a tour of a desert. The meeting point : Shell gas station in the state of Bidiya, road 23 ». Le lendemain à la même heure, je serai aux portes du désert de Wahiba, immensité de dunes de sable et de roches, qui s’étire sur plus de deux cent kilomètres vers le sud, dans la province d’Ash-Sharqiyat. J’ai donc repris la route, celle qui longe le Jebel Khamis par l’ouest jusqu’à la petite ville d’Al-Kamil, puis remonte vers le nord en suivant le cours du Wadi al-Batha. Encore de vastes pleines rocailleuses à perte de vue, où la route semble se perdre dans l’immensité d’un paysage désertique et hostile. La lumière du soleil reflète sur l’asphalte brûlant, créant des mirages d’eau avec la réverbération. Sur ma gauche se forme soudain une sorcière, tornade miniature qui soulève le sable et la poussière se trouvant dans son sillage.

Au loin, j’entrevois de hautes formations à la couleur ocre, qui tourne au orange selon la lumière du soleil. Il me faudra quelques longues minutes pour réaliser qu’il s’agit des premières dunes du désert de Wahiba. Impressionnantes, immenses, je ne peux pas évaluer clairement quelle est leur hauteur, je ne sais même pas à vrai dire si elles sont proches ou lointaines. Elles défilent sous mes yeux pendant des kilomètres, alors qu’il me reste encore facilement quarante cinq minutes à rouler avant d’atteindre le point de rendez-vous. Je retrouve Obaid à la station service, il me salue puis me présente ses deux fils qui l’accompagnent. Tous trois conversent un moment en arabe avec d’autres bédouins passant dans le coin. Eid mubarak me répètent-t-ils. C’est la seule phrase que je comprendrai.

dunes wahabi

Je suis le pick-up d’Obaid jusqu’à une petite boutique à la lisière de la ville, dans laquelle nous allons faire baisser la pression de mes pneus. Une manœuvre indispensable pour pouvoir conduire dans le désert. Nous continuons jusqu’à l’entrée du désert de Wahiba, à l’endroit où débute la piste vers le 1000 nights camp, où je passerai la nuit. Ici le désert forme une immense vallée large d’environ 700 mètres et bordée de hautes dunes qui doivent s’élever à plus de 50 ou 60 mètres du sol. Obaid prend le volant et s’engage à travers le désert pour tester mon 4×4. Le sol est jonché de bouteilles et de détritus de plastique. Obaid m’explique que de nombreuses familles viennent ici camper pendant les vacances, laissant derrière eux toutes sortes de déchets. Triste spectacle. Je repense alors aux premières lignes du livre de Wilfred Thesiger où il disait : « Je suis allé en Arabie du sud juste avant qu’il ne soit trop tard […] parce qu’entre temps sont apparus les techniciens à la recherche de pétrole. Le désert que j’ai connu est défiguré par les roues des camions et les déchets qu’ont laissé derrière eux les Européens et les Américains… ».

4x4 desert

Mais dès lors que l’on s’enfonce plus profondément dans ce désert, les traces de l’homme disparaissent pour ne laisser place qu’au seul sable, au vent et aux derniers nomades qui n’en sont plus vraiment. La plupart vivent aujourd’hui la moitié de leur vie dans le désert et l’autre dans les villes et villages à la lisière du Wahiba. Wahiba vient du nom de la plus puissante des tribus de bédouins qui vivait à l’origine sur cette terre aréique. Ils avaient une parfaite connaissance de ce territoire, où n’importe lequel d’entre nous se serait perdu en quelques minutes. Obaid dispose encore de cette connaissance et est capable de se repérer n’importe où à Wahiba. Il me disait que si on l’emmenait au milieu de ce désert les yeux bandés, il retrouverait son chemin en quelques minutes.

Je pensais naïvement que le désert était un monde à part, un peu à l’écart de l’agitation, calme et serein. Mais depuis l’arrivée des véhicules tout-terrain, croyez moi, les choses ont bien changé. Paloma me l’avait déjà dit à Mascate, Obaïd est un véritable as du volant quand il s’agit de conduire dans les dunes. Il nous reste une heure et demi avant le coucher du soleil, juste le temps qu’il faut pour qu’il me fasse une petite démonstration. Il n’a fait qu’une bouchée des soixante mètres de la plus haute dune de la vallée. A certains moments, nous étions à la verticale, si bien que je me demandais comme le 4×4 pouvait encore tenir.

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« Allez, c’est à toi maintenant ! »

Après une bonne demi-heure de cascades, Obaid s’arrête : « Allez, c’est à toi maintenant ! ». La conduite sur le sable à quelque chose d’assez génial du fait que l’on a l’impression que la voiture glisse et que l’on va déraper à chaque instant. Lorsque l’on est en bas des dunes, sur la piste, il y a tellement d’espace que l’on peut facilement monter au-dessus des 120 km/h sans s’en rendre compte. Rien de plus facile, je l’ai fait sans problème, et on ne peut pas dire que je sois un conducteur chevronné. Pour aborder les dunes, il y a une technique à ne jamais oublier, bien accélérer avant la montée, puis laisser la voiture redescendre doucement, en gardant le frein bien enfoncé. Quant à l’ensablement, Obaid m’a enseigné une technique que nous avons d’ailleurs testé peut avant le coucher du soleil, le 4×4 étant resté bloqué entre deux dunes.

Le commun des mortels aurait, comme moi, le réflexe d’appuyer à fond sur le champignon pour se dégager. Grave erreur, ce serait l’ensablement assuré jusqu’au capot ! La technique consiste en fait à accélérer très légèrement, tout en faisant tourner les roues très rapidement de droite à gauche, jusqu’à faire sortir le 4×4 du sable. Bon ce n’est évidemment pas si simple que cela, il nous a fallu vingt bonnes minutes pour nous dégager, et Obaid est un pro. Si vous décidez de partir seul en 4×4 dans le désert, un seul conseil, restez sur la piste et tout ira bien !

Amoureux d’écriture et de voyages, Paul est l’auteur du blog Petits Voyageurs. Il parcourt l’Asie et l’Europe dès qu’il en a l’occasion depuis plus de 5 ans. C’est à ses côtés et à travers ses yeux et ses mots que vous vivrez l’exploration du Sultanat d’Oman.

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