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L’heure du bilan : aller là où presque personne ne va

Je ne savais absolument pas, en arrivant, tout ce que ce voyage au sultanat d’Oman me réservait. Je n’avais même pas imaginé à quel point ce road-trip allait me marquer. J’étais parti là-bas presque vierge de toute image d’un pays qui pour moi restait mystérieux, inconnu. Je l’avais imaginé et fantasmé à partir de lectures et de récits qui décrivaient des expériences de voyages d’hier et d’aujourd’hui, mais sans jamais vouloir en savoir trop. Je m’étais imaginé des paysages à partir de mes rares références à l’orient, teintées de folklores, de désert de sable et de gravures vu enfant, dans un album des Milles et Une Nuits. J’avais bien lu quelques articles dans Géo, vu quelques clichés, surtout ceux des canyons, aux pierres rouges avec leurs palmeraies et les aflajs. J’avais également en tête quelques paysages aériens captés lors d’une escale à Doha il y a trois ans. Je ne pourrais pas oublier les premières images de Mascate, vu du ciel, par le hublot de l’Airbus, au petit matin. D’abord des montagnes, à perte de vue. Et puis les couleurs, ocre et rouge, à l’infini. La ville apparaît, au milieu de rien, ce n’est pas une mégalopole mégalomane comme Dubaï ou Doha, avec ces buildings ultramodernes surgissant du désert. Mascate c’est autre chose, elle est encore confidentielle, blanche et beige comme les villes arabes d’antan. Je débarque sur le tarmac encore un peu hagard, mais fin prêt pour la folle journée qui m’attend !

Découvrir la capitale

Mon road-trip a débuté évidemment par Mascate, une ville qui au départ m’a dérouté parce qu’elle s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres. Il y a en fait plusieurs villes dans la ville, avec à chaque fois un caractère et une ambiance différente. Mon coup de cœur ici, c’est assurément Mutrah et sa corniche, face à l’ancien port industriel de la ville. Derrière le souk se cachent un dédale de ruelles qui mènent dans un quartier plein de vie, on est propulsé au cœur de la vie omanaise en un instant. Il faut prendre le temps de s’y perdre et saisir son ambiance, s’arrêter boire un verre dans un coffee shop et observer la vie de quartier et l’effervescence du souk en fin d’après-midi. Le week-end, c’est vers el-Qurum que tout se passe. Le jeudi et le vendredi, le front de mer est noir de monde. Le quartier compte de nombreux cafés, bars et clubs où la jeunesse omanaise vient s’amuser. A la tombée de la nuit, la plage se remplit de famille et de jeunes qui se retrouvent ici pour profiter du spectacle du coucher du soleil. Dernier incontournable de la capitale, c’est évidemment sa côte déchiquetée, assez spectaculaire, il ne faut pas se priver d’une petite croisière en mer pour découvrir ce littoral absolument magnifique.

Redescendre la côte jusqu’à Tiwi

L’aventure à Oman a réellement commencé au troisième jour du voyage, lorsque j’ai pris la route vers le sud pour un road-trip le long du Hajar Oriental, jusqu’à la pointe de Ras el-Jinz. Déjà sur l’autoroute, à peine sorti de Macate, on est happé par la grandeur des paysages, il y a vraiment quelque-chose de déroutant. Je me suis demandé longuement où j’étais, ce que c’était que ces paysages que je traversais. Il y a presque quelque chose de surnaturel dans ce voyage, une ambiance lunaire ou martienne, au choix. Qurrayat peut faire l’objet d’une excellente halte, à mi-chemin entre Mascate et Tiwi. On atteint la ville après une grosse heure de route. Dans le bourg, le fort et le souk peuvent faire l’objet d’une courte balade et ensuite, direction la mer et la corniche pour pique-niquer. Un joli décor, une ville blanche faite de petites maisons aux volets colorés, une ambiance très omanaise. Il y a de longues plages désertes à l’extérieur de la ville, parfaites pour un petit bain de mer avant de reprendre la route.

Photo 2 Plage

En empruntant l’ancienne route de Sour, le trajet jusqu’à Tiwi devient vraiment intéressant. On longe la mer d’un côté, les montagnes de l’autre sur une vingtaine de kilomètres. De nombreux voyageurs posent leur tente dans le coin, le camping sauvage est autorisé à Oman, alors pourquoi ne pas en profiter. On croise les premiers dromadaires, on traverse de petits villages endormis, puis on atteint une piste qui travers plusieurs petits wadis, une route facile que l’on peut emprunter en 4×4 comme en voiture. Au coucher du soleil c’est somptueux.

Un arrêt obligatoire par le Wadi Shab

Au petit matin, je me suis rendu au Wadi Shab, à moins de cinq minutes en voiture du village de Tiwi, on le voit depuis l’autoroute qui l’enjambe presque à son embouchure, au niveau de la mer. Un petit sentier partiellement bitumé au départ, s’enfonce au cœur du canyon en suivant la rivière jusqu’à une première série de bassins, après vingt minutes de marche. Ici, les jeunes viennent nombreux pour sauter de la falaise, car les eaux du wadi y sont très profondes. Mais le plus intéressant est bien après, en marchant encore une petite demi-heure, on atteint une première série de bassins dans un cadre assez enchanteur qui peut marquer la fin de la randonnée. Mais les plus courageux s’aventureront plus haut, sur un sentier à flanc de falaise, particulièrement impressionnant, qui débouche au fond du wadi au cœur d’une petite palmeraie, une oasis de tranquillité où l’on ne croise presque personne.

De Sour à Ras al-Jinz

Sour est assurément l’une des villes les plus agréables de la côte nord-est d’Oman. Une balade sur la corniche au soleil couchant est un moment assez magique, il y a beaucoup de monde sur la plage et la promenade, des hommes, des femmes, des jeunes qui jouent au football dans le sable. Et les couleurs d’Ayjah et du phare sont tout simplement magnifiques, une aquarelle sur la mer. Ne manquez pas de faire un tour sur le chantier des dhow, ces embarcations traditionnelles en bois, pour voir les ouvriers à l’œuvre.

Photo 4 chantier des dhow

Ras al-Jinz est située à environ une demi-heure de la ville de Sour, cette crique magnifique m’a rappelé un moment certains paysages de l’Arizona, des falaises rouges sculptées par l’érosion comme celles du grand canyon, dans d’autres proportions bien évidemment. Vous viendrez jusqu’ici pour observer la ponte des tortues sur la plage, le meilleur moment c’est vers 4 heures de matin, pour profiter en même temps du lever du soleil, environ une heure et demi plus tard.

En route pour le désert de Wahiba

Si la découverte du désert de Wahiba fut clairement l’un des points forts de mon trip à Oman, c’est certainement grâce à une rencontre, celle d’Obaid, bédouin du désert qui fut mon guide pendant deux jours. Quand on tombe sur quelqu’un qui connaît le désert sur le bout des doigts et qui l’aime de surcroît, alors l’expérience est forcément inoubliable. Au-delà des paysages forcément impressionnants, j’ai longuement échangé avec Obaid sur la vie des Bédouins d’hier et d’aujourd’hui et les évolutions vers le monde moderne. Dans le désert d’Oman, on a le choix entre plusieurs types d’hébergements, soit des camps de luxe avec tout le confort, soit des petits endroits familiaux tenus par des locaux. Les deux ont leurs avantages, mais clairement il me semble que passer la nuit dans un camp familial est un vrai plus pour l’expérience !

Photo 5 chameaux

A l’assaut des montagnes du Jebel Akhdar !

Au départ de Birkat al-Mawz, la route qui gravit les montagnes du Jebel Akhdar est, comment dire, un sacré morceau de route. On passe d’abord un check-point de la police, et ici sans 4×4, vous ne passerez pas ! Et je comprends vite pourquoi, même avec mon Land Cruiser pourtant assez puissant, je peine pendant toute la montée à dépasser les quarante à l’heure. Les paysages sont juste sublimes, et au soleil couchant, j’ai hâte d’atteindre le sommet, car entreprendre cette montée la nuit venue doit être une épreuve peu agréable. Il faut prévoir une bonne heure et demie pour la montée, avant d’atteindre le plateau de Saïq. Je n’ai découvert le panorama que le lendemain matin, on y découvre un paysage spectaculaire de villages perchés sur des terrasses, recouvertes de petits jardins irrigués par les aflajs. Une randonnée d’environ deux heures serpente dans les montagnes et permet de découvrir le plateau et la vue sur les montagnes et les falaises abruptes, qui plongent dans la vallée.

Forts et ancienne capitale dans la vallée

Nizwa, l’ancienne capitale du sultanat, n’a pas été mon escale favorite, mais elle mérite quand même le détour pour découvrir son souk et son fort. C’est une ville qui a gardé un caractère assez authentique, avec de nombreux vieux quartiers et d’anciennes maisons. Je n’ai certainement pas eu assez de temps pour découvrir cette ville comme il le fallait, et je dois dire que l’accueil des locaux n’a pas été aussi chaleureux qu’ailleurs dans le pays.

photo 6 nizwa

Autour de Nizwa, vous pourrez découvrir de nombreux forts anciens dont celui de Bahla, l’un des plus impressionnants du pays. Je n’ai pas pu visiter l’intérieur du château car je suis arrivé en fin d’après-midi, mais la balade dans l’ancienne ville, au pied du fort, est une sacrée expérience. On se perd dans les ruelles de cette cité fantôme, on pénètre dans des maisonnettes en ruine et on imagine ce que pouvait être la vie ici, avant, du temps de la gloire du château…

Quitter la route pour découvrir Oman off road

Je crois que l’autre point fort de mon voyage, c’est la découverte du pays par la piste, car c’est assurément là que l’on apprécie le mieux la grandeur des paysages, et que les émotions sont les plus fortes. Toutefois, il ne faut pas avoir peur de se perdre, ce qui arrivera forcément et il ne faut pas hésiter à aller à la rencontre des habitants, qui se feront un plaisir de vous indiquer votre route ou bien de vous aider en cas de pépin. Vous allez traverser des paysages incroyables que l’on croirait vierge de toute vie et pourtant, au détour de la piste, dans le creux d’une montagne, se dévoile un petit village perdu. Je me suis arrêté plusieurs fois dans ces hameaux qui paraissent endormis, j’ai même sonné à la porte d’une maison lorsque j’étais vraiment perdu, et j’ai toujours trouvé quelqu’un pour m’aider à retrouver mon chemin. Je crois que l’idéal si vous choisissez de prendre la piste, est de consacrer la journée entière à un itinéraire de 4 heures par exemple, pour avoir le temps de faire de vraies pauses, rencontrer les gens, se baigner dans les eaux d’un wadi, puis repartir. 4X4 obligatoire mais expérience inoubliable !

photo 7 wadi

Osez sortir des sentiers battus pour explorer les endroits où presque personne ne va

Je vous avais parlé dans un précédent article du Wadi Dham, un canyon isolé qui ne figure dans quasiment aucun guide, et que j’ai découvert en farfouillant sur le web. C’est l’une des étapes que j’ai préférée parce qu’encore une fois, c’était un peu l’aventure, un départ vers l’inconnu. Et c’est ce qui fait vraiment le plus d’Oman. Se dire, aujourd’hui, je vais prendre cette route, je vais rouler et rouler encore, et puis je verrais bien ce que je trouve au bout. Bien sûr une bonne carte et un GPS que l’on branche si l’on est vraiment perdu sont indispensables ! Mais je vous assure, vous ne le regretterez pas, et puis je le répète encore, en cas de pépin les Omanais sont là ! Pas d’inquiétude !

La mer d’Oman sera parfaite pour les amateurs de plongée

Ma plongée dans le golfe d’Oman, dans les îles Daymaniyat, restera un moment unique de mon voyage. Je n’ai pourtant plongé que 30 minutes, à cinq mètres de fond, et déjà la magie à complètement opérée. Les eaux de cette partie de la mer d’Oman regorgent de vie sous marine, alors j’imagine l’expérience pour un plongeur confirmé qui s’aventurera plus profondément, au large. Et puis ces îles sont vraiment intrigantes, encore une forme de beauté brute, de simples langues de sables, un relief rocailleux assez plat et le bleu turquoise de l’eau comme seul décor. Un environnement parfait pour partir à la rencontre des poissons multicolores et pourquoi pas croiser une tortue ou un requin !

Photo 8 baie de khor rori

Dans le Dhofar, entre Salalah et les montagnes

Me voici maintenant sur les traces de Warda, héroïne du roman éponyme de Sonallah Ibrahim, qui m’a guidé pendant une bonne partie du voyage. Je foule le territoire des révolutionnaires de la guérilla marxiste qui secoua le sud du pays dans les années 1960. Je remonte aussi aux origines du commerce de l’encens, en découvrant les ruines des anciens comptoirs stratégiques de la route de l’encens. Les décors ici sont verts dans les montagnes et tropicaux sur le bord de la mer. Au premier soir, je m’arrête avec Ali dans une gargote en palme, sur le bord de route, pour déguster à la paille une noix de coco fraîche. « Les dhofaris disent que celui qui a goûté l’eau de coco reviendra toujours à Salalah » (Sonallah Ibrahim, Warda). Et c’est vrai qu’avec ses petits airs d’Inde, la ville de Salalah est vraiment séduisante. Je sais que si je dois revenir à Oman, je m’attarderai plus dans cette région du pays ! Je suis tombé sous le charme du Wadi Derbat, à une heure environ de route de Salalah vers le Nord. Un mois après la mousson, ce wadi était encore tout vert, partout des arbres, des oiseaux et des papillons. Un havre de paix. Le wadi se parcourt sur une bonne partie en voiture, par une route bitumée qui permet de l’atteindre très facilement. Ensuite on peut soit continuer en bateau, soit partir en randonnée le long de la rivière. Parfait pour terminer mon voyage !

Amoureux d’écriture et de voyages, Paul est l’auteur du blog Petits Voyageurs. Il parcourt l’Asie et l’Europe dès qu’il en a l’occasion depuis plus de 5 ans. C’est à ses côtés et à travers ses yeux et ses mots que vous vivrez l’exploration du Sultanat d’Oman.

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