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Carnet de route, de Nizwa aux portes de Rustaq

Je déambule au hasard dans les allées du souk de Nizwa, presque vide à cette heure-ci. Je ne retrouve pas l’effervescence de la veille. Les marchands ambulants ont déserté et les étals de poissons frais ont disparu. Je me perds dans les ruelles derrière le fort, impressionnant monument tout en rondeur, malheureusement fermé pour rénovation. Je ne me sens pas aussi bien ici que dans les autres villes du pays. J’hésite même à prendre des photos, les habitants filant se cacher dès que je dégaine l’appareil. J’écourte ma visite, trop pressé de reprendre la route vers Dham.

14 heures, dans les faubourgs de Nizwa

Je me suis arrêté au mall près de la sortie de l’autoroute, pour m’acheter de quoi pique-niquer au wadi Dham cet après-midi. J’ai repris la voie rapide en direction de Bahla, passant encore une fois devant l’impressionnante mosquée du Sultan Qabous. La route qui mène jusqu’à Dham est longue et spectaculaire, elle m’emmène encore vers le bout du monde, à travers plaines désertiques et petits villages blancs. Les montagnes du Hajar occidental sont vraiment impressionnantes, sombres et presque noir à la lumière du soleil déclinant. L’orage gronde sur le Jebel Sham, colorant les paysages d’une lumière orangée.
nizwa

Après Dham, la route s’arrête brutalement, pour laisser place à une piste qui remonte le long du lit de la rivière. Je laisse le 4×4 parqué près de l’entrée d’une maison, à l’ombre d’un petit arbre. Je vais poursuivre la route à pied, je ne trouve personne dans les environs. A l’entrée du wadi, il y a une petite grotte devant laquelle est garée une voiture. Une famille indienne s’est arrêtée là pour manger un bout. Au-delà du barrage, le wadi se resserre et laisse se dévoilées plusieurs piscines d’eau turquoise. J’évolue prudemment sur des rochers polis par l’eau, et je découvre ce petit canyon que seuls les gens du coin connaissent. Je croise encore trois adolescents que j’aide à traverser la rivière. Ils insistent pour être pris en photo en ma compagnie. J’accepte, ils rigolent. Nous échangeons quelques politesses, puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés.

wadi dham

Mercredi matin, à la Misfah Old Villa

Je me suis réveillé dans la seule guesthouse existant à ce jour au pays d’Oman. Une petite demeure familiale transformée en maison d’hôtes, depuis qu’oncles, frères et sœurs ont élu domicile dans le nouveau village, sur la falaise d’en face. C’est une petite bâtisse toute tarabiscotée, qui se trouve tout en bas du village de Misfah, presque au cœur des jardins et de l’immense palmeraie qui occupe tout le versant ouest de la montagne. Je me suis longuement promené dans les petits sentiers qui courent le long des aflajs (en photos), jusqu’au bord de la falaise. J’ai poursuivi à l’Est vers un immense canyon. Sur ma route, j’ai croisé des habitants en train de faire leur toilette dans un grand bassin aménagé. J’aurais bien voulu profiter un peu plus de l’endroit, mais midi approche déjà, et je dois reprendre la route.

aflajs de misfah

Quand le GPS s’égare

Je souhaitais me rendre jusqu’au village de Hatt, pour emprunter la piste à travers les montagnes jusqu’au wadi Bani Awf. J’ai donc branché mon GPS pour trouver l’itinéraire le plus court, qui m’emmena en fait à l’entrée d’une piste qui menait dans les montagnes. Un panneau indiquait : « Hatt 23 kilomètres ». J’ai gravi la montagne en 4×4 sans trop de difficulté, roulant au pas, jamais plus de 40 kilomètres à l’heure. Je me suis retrouvé complètement perdu dans un hameau isolé, dans le creux d’une montagne. J’ai demandé mon chemin au chauffeur d’un minibus plein d’écolières, qui explosèrent de rire juste en me voyant. Il m’indiqua un chemin accidenté qui remontait à travers la rivière. J’atteignais enfin la route de Hatt mais il était trop tard, mon pneu avait cédé. D’autres voitures ne tardèrent pas à s’arrêter à mon niveau pour venir à ma rencontre. La panique qui m’avait envahi un moment redescendit. Je n’étais plus seul. Une vingtaine de minutes plus tard, je repartais.

La piste de la mort

Laetitia m’avait prévenu lors de mon passage à Paris. Si tu prends cette piste, il ne faut pas que tu aies peur en voiture. Et effectivement elle avait raison. Je roulais à vive allure sur la route asphaltée qui remonte jusqu’à Hatt, quand soudain, plus rien. Le vide, une piste qui dévale la montagne, juste le temps de donner un grand coup de frein et d’entendre les pneus crisser sur le bitume encore chaud. Waouh, tu es sûr là, tu veux vraiment descendre par là ? Il le faut, c’est une obligation, je n’ai pas fait deux heures de route pour renoncer maintenant ! Je croise plusieurs 4×4 qui remontent où descendent, rassuré, je me lance. Je tente de rester assez proche d’un pick-up Toyota, je roule dans ses traces, elles seront mon guide. La piste n’est pas compliquée en soit, juste impressionnante car très étroite. Par endroit, la pluie d’hier à complètement raviné le sol, m’obligeant à m’arrêter, avancer à tâtons et éviter les pierres, tranchantes, la mort assurée pour mes pneus.

piste de hatt 3

Et je ne peux pas me permettre une deuxième crevaison, je n’ai plus de roue de secours. Le pick-up a bifurqué à droite, plus personne pour me guider, je me sens perdu dans ce dédale de chemins qui n’en finit plus. Une voiture est arrêtée sur le bas-côté, un Omanais du coin accompagné d’un indien travaillant dans la région. Ce dernier va à Rustaq, ouf ! Il propose de monter avec moi, il doit sentir une certaine tension chez moi, et ne cesse de me rassurer. Je n’ai qu’une obsession maintenant, rejoindre la route principale avant la nuit. Nous conversons longuement sur la route, nous parlons de la vie à Oman, de son travail pénible, il rénove les routes de montagnes après la pluie. Il a beaucoup voyagé me dit-il, pour le travail. Malaisie, Singapour, Dubaï, et maintenant Oman. Il n’aime pas sa vie ici, mais il gagne beaucoup d’argent qu’il envoie à sa famille restée en Inde. Alors que le soleil se couche, nous atteignons Rustaq, je le dépose sur le bord de la voie rapide puis je poursuis ma route, toujours plus loin, vers la mer.

Amoureux d’écriture et de voyages, Paul est l’auteur du blog Petits Voyageurs. Il parcourt l’Asie et l’Europe dès qu’il en a l’occasion depuis plus de 5 ans. C’est à ses côtés et à travers ses yeux et ses mots que vous vivrez l’exploration du Sultanat d’Oman.

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